Jeudi 2 juillet 2009


Après avoir pris connaissance hier de l'histoire mouvementée du Palais de France d'Istanbul http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-33287375.html, je vous propose une petite visite des lieux.
             
            
                                              Un des salons bleus du Palais

Si l'accès se fait aujour'hui par la pentue Nuri Ziya Sokak qui part d'İstiklal Caddesi, autrefois c'était l'impasse du théâtre Karaca qui menait au Palais. On passait alors un grand portail de pierre délicatement ouvragé, habillé d'une grille en fer forgé et surmonté d'une lanterne.

           
                                             Détail d'un guéridon revêtu de marbre

Après avoir montré patte blanche et franchi la porte d'entrée, le vestibule permet au visiteur de tomber le manteau ou la veste. Cette pièce n'est que sommairement décorée. Une superbe chaise à porteurs, revêtue des armes de la famille de Noailles et à l'intérieur capitonné, y trône, entre autres.

Trois ambassadeurs d'Istanbul sont issus de cette illustre famille, deux étaient des ecclésiastiques, le troisième fut le marquis de Noailles, au XIXème siècle. C'est ce dernier qui a laissé cette chaise en guise de témoignage de son passé.

         
                            Chaise à porteur aux armes de la famille de Noailles

Une luge d'enfants du XIXème siècle, réalisée semble-t-il par un artisan russe, se trouve également dans l'entrée. Des scènes champêtres peintes sur les différentes faces de celle-ci égayent cet objet insolite.

                           
                                          Luge d'enfants du XIXème siècle

Quelques mètres plus loin, voici la superbe salle des colonnes, de près de 200 m2, où l'on accueille les invités lors des réceptions.

            
                                  La salle des colonnes du Palais de France

La verrière "Art Nouveau" de la salle des colonnes a fait l'objet de plusieurs restaurations. Elle constitue un superbe exemple d'art français du début du XXème siècle avec ses frises de verre dépoli.


                          


Le marbre des colonnes est de type égéen et pourrait provenir de la région de Milas. Cette pièce sert parfois de salle de réception, c'est là, entre autres, que Nedim Gürsel a présenté en février dernier son dernier ouvrage http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-28005169.html.

Trois tapisseries des Gobelins ornent la pièce et servent, pour certaines, de portières, masquant ainsi différentes portes. 
               
                              
                       Tapisserie des Gobelins représentant la couronne et les Armes de France

Un trône oriental, aux Armes des Sultans ottomans, dénote dans la pièce au milieu du mobilier de style français.

               
                                  Détail du trône oriental de la salle des Colonnes


Une porte sur la gauche donne sur la salle des fêtes, appelée aussi salle de bal, qui a fait l'objet d'une récente restauration de sept mois achevée il y a quelques semaines à peine. Toutes les entreprises qui ont participé à ces travaux sont turques. 

                
                                                  La salle des fêtes, mi-février 2009

Le plancher a été remplacé à l'identique avec des essences diverses telles que le noyer, l'acajou, le chêne, le buis et le châtaignier. Cette salle a déjà été restaurée en 1991, pour la venue du Président François Mitterrand à Istanbul l'année d'après.

                
                       Mi-mars 2009, les travaux de la salle des fêtes sont quasiment terminés

Chaque Ambassadeur laisse une marque de son passage au niveau des phases de restauration entreprises régulièrement. Les façades, par exemple, ont été rénovées en 2005, travaux réalisés à l'initiative de Paul Poudade, Ambassadeur de France en Turquie de 2004 à 2007.

                          
                                   Le superbe plancher de la salle des fêtes

Des stucs recouverts de feuilles métalliques composent la frise du plafond, où lyres, masques de tragédie antique et cygnes sont représentés.


Les salles de réception du Palais de France sont les plus grandes de toutes les anciennes ambassades siégeant alors à Istanbul.

              

                     Détail de la frise du plafond de la salle des fêtes du Palais de France

Dans le prolongement de la salle des colonnes, sur la gauche, le délicieux jardin d'hiver et son piano, une pièce très agréable. 

            
                                          Le jardin d'hiver du Palais de France

            

Une magnifique tapisserie des Gobelins de 1792, de 4 m de hauteur et 6,30 m de longueur, oeuvre de Joseph-Marie Vien, y représente Hélène poursuivie par Enée devant la ville de Troie en flammes.

             

Deux salons tendus de soie au bleu intense reçoivent les invités, on y prend parfois l'apéritif lors de réceptions. 

             
                           A l'avant-plan, un bureau-cylindre en acajou de style Louis XVI

Plusieurs tableaux ornent ces deux pièces, dont celui représentant le comte de Vergennes, ancien Ambassadeur, dont je vous ai parlé hier. Van Parys a réalisé cette toile en 1897.


                 
                             Sur le mur, le portrait du compte de Vergennes, Ambassadeur de Turquie
 


A droite du second salon, l'immense salle à manger de taille qui donne sur le jardin du Palais.

            

Deux superbes tapisseries de 2,65 m de large et de 5,55 m de haut s'y font face, faisant office également de portières. Elles représentent les Armes de France, sur lesquelles veille un soleil éblouissant, symbole du Roi Louis XIV.

             

Durant les travaux de la salle des fêtes, c'est là qu'était organisée la majorité des réceptions officielles données par Madame Christine Moro, Consule Générale de France ou par son Eminence Monsieur Bernard Emié, Ambassadeur de France, lors de ses visites à Istanbul.


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                            Détail d'une des tapisseries de la salle à manger du Palais

Rejoignons le couloir qui permet de monter aux étages. Une statue de marbre blanc de Napoléon Bonaparte, en élève du collège militaire de Brienne, est exposée sous l'escalier. Cette statue a été présentée à l'Exposition Universelle de Paris en 1854 par Louis Rochet.

                 
                                    Napoléon Bonaparte pose au Palais de France

Une immense tapisserie du XIXème siècle, se trouve dans le corridor parallèle au jardin d'hiver. Elle représente le roi Saint-Louis qui reçoit à Ptolémaïs (Saint-Jean d'Acre) des personnages enturbanés.

          
      "Saint Louis reçoit à Ptolémaïs les envoyés du Vieux de la Montagne"* nom de cette tapisserie

Un étage du Palais est réservé à l'Ambassadeur de France, qu'il occupe lors de ses visites régulières à Istanbul, le siège de l'Ambassade étant à Ankara. 

                                 
                                         Et si l'on montait aux étages...      

Son Excellence accueille ses invités de marque, tel récemment à deux reprises Bertrand Delanoë, Maire de Paris, dans le merveilleux salon du Bosphore au premier étage.  Il ne reste plus qu'à admirer et s'installer dans un confortable fauteuil pour deviser.

          
                         Le salon du Bosphore, une pièce réservée aux hôtes de marque

                          
                                    La cheminée du salon du Bosphore

Un autre étage est réservé aux appartements privés de Madame la Consule Générale.

            

Le personnel qui s'occupe de l'intendance des lieux n'est finalement pas très nombreux : un cuisinier, deux femmes de chambre, un maître d'hôtel et deux jardiniers sont là pour faire tourner la maison...


La direction des affaires techniques et des travaux de toute taille, ainsi que la maintenance technique et l'organisation du service de nettoyage des lieux, est assurée par deux personnes qui font partie de l'antenne immobilière régionale couvrant les bâtiments appartenant à l'Etat dans six pays, dont la Turquie.


             
                                         Un des deux salons bleus du rez-de-chaussée

Je tiens à remercier très chaleureusement Son Excellence Monsieur Bernard Emié, Ambassadeur de France en Turquie, Madame Christine Moro, Consule Générale de France à Istanbul, ainsi que les différents et nombreux responsables des services de l'Ambassade et du Consulat de France qui m'ont permis de réaliser cet article en m'ouvrant les portes du Palais
.
Gràce à l'aide et au bon vouloir de tous, j'ai pu passer du temps dans ce merveilleux endroit tant pour y prendre des photos, y recueillir des informations que pour m'imprégner de l'ambiance de ces lieux chargés d'histoire.


Par Nat - Publié dans : Monuments et bâtiments divers d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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