Beykoz, est un arrondissement d'Istanbul situé au nord de la rive asiatique du Bosphore, que les
touristes, et même de nombreux habitants d'Istanbul, ne connaissent pas.
Dire qu'il faut absolument s'y rendre est peut être prétentieux, mais comme tout endroit ou presque, on y découvre des constructions et des points de vue intéressants. C'est là que
je suis venue passer quelques heures samedi dernier.
Accès aux ruines de l'ancienne caserne
Amycos est le nom antique de Beykoz, du nom du roi des Bébryces, peuple d'origine ibère mentionné pour la première fois au début du IIIème siècle. Ce souverain, fils de Neptune et de la
nymphe Mélia, avait pour habitude d'obliger les étrangers à se battre contre lui à mains nues, ce qui a coûté la vie à tous ceux qui se sont frotté à lui... Plus rien de tel
aujourd'hui et se promener à Beykoz se fait en toute quiétude.
Selon certaines sources, le nom s'est ensuite transformé en Bey Köyü ou Bey Cevizi. Aujourd'hui, Beykoz est entouré de bois et de vallées qui semblent avoir tenu une place historique
importante.
Jolie maison de bois à côté de l'école primaire
La limite de Beykoz même et d'une de ses voisines, Yalıköy, n'est pas aisée à déterminer. A Yalıköy justement, se trouvent en haut d'une colline, les ruines d'une ancienne caserne occupée
par des squatteurs lors de ma seule visite en 2004. Plus bas, le long de la rivière Güngörmez, une promenade a été aménagée et des installations destinées à entretenir les muscles et le
corps y ont fleuri, comme dans bien d'autres coins d'Istanbul.
Il n'y a pas d'âge pour s'adonner à la culture physique...
Tout près de là a lieu tous les samedis le marché hebdomadaire. Les fruits et légumes y côtoient les vêtements et le nécessaire pour la maison.
Des fruits et légumes à volonté sur le marché
En redescendant vers le centre de Beykoz, quelques marches amènent à la fontaine aux ablutions de la mosquée toute proche. A l'arrière, une belle maison de bois donne un contraste
visuel intéressant.
A quelques mètres de là, d'autres constructions anciennes de bois égaient le paysage.
En s'approchant du Bosphore, une imposante demeure, à vendre actuellement, attire le regard. A partir de 1890 et durant ses 22 dernières années de vie, Ahmed Midhat (1844-1912), romancier,
créateur de pièces de théâtre et fondateur du quotidien Tercüman l'a habitée.
L'ancienne propriété d'Ahmet Midhat
Une petite pause pour boire un thé juste à côté s'impose avant de reprendre la balade.
C'est le moment de profiter de la vue apaisante sur le Bosphore et les quelques barques amarrées.
Dans la rue principale, une autre belle construction profite d'une cure de beauté. Plusieurs ouvriers la bichonnent pour lui redonner fière allure.
De l'autre côté de l'avenue, un bâtiment de brique abrite un four à pain de 1894...
En avançant de quelques mètres encore, voilà l'embarcadère de Beykoz. Le premier, tout en bois, date de 1851. Il a fait l'objet de deux rénovations en 1890 et 1903 par le maître Kirkor.
En 1989, dans le cadre du projet de réhabilitation des embarcadères du Bosphore, les blocs de béton ont remplacé le bois mais en octobre 2002, ceux-ci ont heureusement été couverts d'un
revêtement en bois lui redonnant son aspect d'antan.
L'estomac commence à crier famine et je retourne avec plaisir déguster une soupe de poisson et une assiette d'anchois sur le bateau "Kaptan baba".
Après cet arrêt nécessaire, le ciel se couvre malheureusement et j'écourte ma promenade. dix minutes sont nécessaires avec le "dolmuş de mer" pour retrouver Yeniköy sur la rive européenne et
continuer ma route.
Je reviendrai à Beykoz car je sais qu'il y a encore quelques endroits à découvrir sur les hauteurs...
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