Dans la région de Kastamonu, en Mer Noire (province en jaune au Nord d'Ankara) à 17 km au nord-ouest de cette ville, se trouve un
village rural minuscule, Kasaba.

Quelques fermes éparpillées, peut-être plus de vaches que d'habitants et.... une des plus belles mosquées en bois encore visible en Turquie, Mahmud Bey Camii.

Construite en 1366 par un certain Abdullah pour Emir Mahmut, le fils de Çandaroğlu Adil par, l'extérieur ne semble pas avoir au premier abord un intérêt particulier. Le minaret a été refait après
les dommages causés par un tremblement de terre en 1943.

L'imam n'est jamais bien loin et lorsqu'il vous ouvrira, vous découvrirez l'intérieur tout de bois.
En s'approchant des portes, les yeux commencent à s'écarquiller. Quel raffinement ! Mais ce que vous voyez n'est en fait qu'une reproduction des portes originales exposées dans le Liva Paşa
Konağı, un musée de Kastamonu.

Une histoire quelque peu originale concerne d'ailleurs ces portes inestimables. Elles ont été volées (mais quand ?) ; les services de police et Interpol se sont lancés à la recherche des bandits
qui ont finalement retrouvé l'objet du délit.
Il suffit d'admirer les copies parfaitement imitées pour s'imaginer la valeur des originales.


A l'intérieur, des colonnes, des poutres apparentes, un bois travaillé délicatement.... L'autre particularité de ce bâtiment, c'est que l'assemblage de tout ce bois est fait... sans clous, juste
un enchevêtrement savant qui résiste au temps.

Des deux côtés du mihrab, des cylindres de pierre peuvent encore pivoter aujourd’hui et
maintiennent la structure de cet édifice, l’empêchant de glisser ne serait-ce que d’un millimètre.


Le minber, cette tribune élevée à droite de l'autel de chaque mosquée d'où l'imam s'adresse aux fidèles est également en bois.
Ce jour d'octobre 2006, il y avait une équipe de photographes professionnels venus spécialement d'Istanbul pour faire un reportage sur cette mosquée hors du commun. J'ai bien vite compris en
voyant tout l'équipement dont il disposait que je serai rapidement "coincée" pour les prises de vue. C'est couché qu'il faut effectivement prendre une bonne partie des photos, avec un pied (que
je n'avais pas à l'époque).

Encore un endroit où il va falloir retourner pour immortaliser sous tous les angles ce petit chef-d'oeuvre architectural.
Exactement, elle connaît d'ailleurs la mosquée en question.