Bozcaada, une petite île de 6 km de long sur la mer Egée et dont le nom grec est Tenedos : c'est la petite tache
blanche située en bas du Ç de Çanakkale, à l'ouest de la Turquie.

C'est aux abords de cette île, selon la légende, que le navire qui avait laissé le cheval de Troie dans la ville du
même nom, se serait caché. Si l'on remonte dans le temps, Tenedos a été fondée par des Eoliens, tribu de la Grèce antique.
Elle a toujours fait l'objet d'âpres discussions par les puissances maritimes de Venise et de Gënes, également par les Byzantins et les ottomans, de part sa situation stratégique à l'entrée du
détroit des Dardanelles.
Sa population actuelle se situe aux alentours de 2500 habitants, presque tous turcs et musulmans alors qu'en 1908, ses 5000 âmes étaient de langue grecque et orthodoxe. Par contre, en
plein coeur de l'été, c'est entre 25 et 30 000 personnes qui occupent l'île. Pourtant, on ne les voit pas, où pouvent-ils donc bien se cacher, je me le demande encore.

Au moment de la Guerre des Balkans, l’île, occupée par les Grecs, leur appartient de 1912 à 1923. Elle sert de base aux forces anglaises et françaises lors de la Bataille des Dardanelles
et redevient possession de la Turquie le 20 septembre 1923 à la signature du traité de Lausanne.
En arrivant par le ferry, on aperçoit immédiatement l'imposante forteresse du XVème siècle à l'entrée du port. Les habitations du seul bourg sont
toutes regroupées tout autour de ce dernier, d'un côté plus turques et de l'autre... plus grecques. En effet, les maisons y sont blanches et les volets souvent bleus, comme là-bas !


Une végétation opulente inonde les ruelles étroites et pavées où la recherche de l'ombre est la principale préoccupation pour s'abriter de l'intensité du soleil.


Tout le long de la rive sud, à l'opposé, de superbes plages de sable où l'on vient rôtir des heures durant car la baignade y est d'une fraîcheur insoupçonnable. Dommage car j'ai rarement vu une
eau aussi belle et propre qu'à Bozcaada.

Deux mosquées et une église grecque, rarement ouverte, sont les représentantes religieuses de l'île, de même qu'un tout petit monastère grec dans les hauteurs face à l'une des plages les plus
courues, celle d'Ayazma.

L'église grecque et son clocher

L’économie de l’île repose sur le tourisme et la viticulture car rien d'autre ne pousse sur cette terre argileuse. Les vignes couvrent l’île sur 1065 hectares et Bozcaada est passé
dans la littérature vinicole avec des raisins aux noms imprononçables tels que Çavuşüzüzmü par exemple. Amateur de bons vins que je suis, mon palais n'a pas
apprécié le goût très particulier de ces breuvages...

L'activité n'est pas très intense sur place, on vient pour se reposer, bronzer... et profiter ce jour de juillet 2007 d'un groupe folklorique de jeunes géorgiens qui ont effectué leur
représentation sur la place principale.

Vers la fin de l'après-midi, les touristes, turcs en majorité, réfléchissent à la composition de leur dîner, plutôt poissons ou plutôt spécialités grecques ? En fonction du choix, il faudra se
diriger d'un côté ou de l'autre du village.

Les pensions sont nombreuses et pour toutes les bourses. De même, il est facile de se loger chez l'habitant à moindre coût même si aucune pancarte "pansiyon" n'est accolée devant les demeures. On
reconnaît ceux qui recherchent un toit et on vous accoste complaisamment.

Bon séjour ! Vous repartirez frais et reposé après avoir passé quelques jours dans ce petit coin de paradis.
C'est en effet un endroit vraiment reposant, je n'ai jamais aussi "glandé" que là-bas, pourtant ce n'est pas dans mes habitudes..
Tout est possible en Turquie, il suffit de demander.
Bozcaada n'est à mon avis pas comparable aux îles aux Princes, pas de calèches, maisons différentes. Mais le charme y est présent, c'est certain. Pour ce qui est de visiter tous les sites, il va falloir prendre une année sabatique et faire la tournée du pays !
Vos réflexions "aigres-douces" ne me surprennent pas, cher Jean-Pierre ! Je vous répondrai simplement que ni vous ni moi ne pouvons refaire l'histoire....