Nous repartons finalement peu après 16 h. Pas de chance car au bout d'un moment, il se met à pleuvoir ; les nuages nous ont rattrapés
et le vent s'est levé de façon impromptue et violente. Yasın a du mal à garder le cap tellement ça souffle, cela s'annonce épique ! Nous nous protégeons du mieux possible à l'aide d'une
immense couverture, le bateau étant seulement fermé par le haut. Mais comme on dit, apràs la pluie le beau temps revient heureusement alors que nous arrivons près du lieu tant attendu.
Quel vent ! Difficile de mettre une couverture autour de soi !
Il se situe sur la rive à l'opposé de là où je pensais, côté plein soleil alors que de l'autre côté le ciel est encore bien noir. En fait,
il faut tourner à droite sur le fleuve pour voir le fameux minaret et le reste du village. Et là, 1 h 10 après notre départ sur l'Euphrate, la magie s'opère, c'est un miracle !
Le temps de le contourner pour avoir le soleil derrière soi, voilà le minaret devant mes yeux, illuminé par le dieu Râ sur un fond de ciel sombre, un pur moment
d'alchimie, d'étonnement, de stupeur qui me font perdre tous mes moyens ! Je n'arrive plus à prendre de photos, l'appareil bloque, je ne sais plus quelle ouverture il me faut ou
quel objectif sera le plus adapté : je dois d'abord reprendre mes esprits... Je demande à Yasin d'arrêter le moteur afin que je puisse me concentrer complètement sur ce que je
fais.
Je me dis que c'est vraiment incroyable de voir cet endroit, sachant qu'en fait personne n'a jamais demandé à aller là-bas lors des
promenades organisées : trop loin, quelque part peut-être moins attractif que Savaşan mais pas pour moi en tout cas.
Je ne remercierai pas assez Alp, mon ami photographe aérien, pour la joie de m'avoir fait découvrir cet endroit qui ne figure sur aucune
carte une fois de plus.
İl faut toutefois penser a repartir car il reste du chemin à faire.
De plus, la pompe du moteur commence à manifester des signes de réticence, ne veut plus baisser en régime et il faut
s'arrêter rapidement pour regarder de plus près ce qui se passe. Le portable ne passe nulle part et Yasın, du haut de ses bientôt 21 ans, doit se débrouiller pour nous
ramener à bon port.
C'est qu'il est débrouillard le garçon ! Débouchage d'un tuyau à la bouche s'il vous plaît, traficotage de câbles, on visse et on
dévisse, etc, pour repartir doucement mais sûrement car il ne faut pas que le moteur surchauffe. Retour finalement à 19 h passés et pas de capitaine Mehmet à l'arrivée qui ...
est allé dépanner un autre bateau ! Décidément c'est la journée !
Réparation
Allons-nous bien arriver ?
C'est le directeur de la seule banque du village qui me ramène avec un autre des fils à leur domicile et je retrouve toute la famille avec
un réel plaisir partagé.
Apres le traditionnel café turc, un diner sommaire est organisé avec tout ce qui est trouvé dans le réfrigérateur familial : fromage,
olives, helva, yogourt, poivrons farcis bien relevés, pain maison et thé tout cela assis par terre comme à l'accoutumée.
4 des 8 enfants de la famille et le directeur de la
banque
Mehmet finit par rentrer tardivement. İl m'avait informé à mon arrivée qu'un mariage avait lieu le soir dans un village voisin et j'étais
étonnée une fois de plus par mon instinct qui me disait le matin dans le bus qui m'emmenait de Gaziantep à Birecik que j'étais certaine qu'un mariage avait lieu aujourd'hui a
Halfeti.....
Mais sa femme et plusieurs de ses enfants me demandent de ne pas y alle,r préférant me garder avec eux pour discuter, échanger,,, ce que
finalement j'accepte vu l'heure tardive et par respect envers eux aussi je dois dire.
Je me retrouve même, malgré mon anglais incertain, à aider une des filles à traduire un exercice d'anglais en turc. Nos échanges sont
intenses, pimentés et joyeux car ,es hôtes n'ont pas leur langue dans la poche et Mehmet voudrait absolument marier ma fille à Yasın.... Discussion torride, échange sur la culture de chaque
pays, cela aurait mérité d'être filmé.
Ayşe la maîtresse de
maison
Capitaine Mehmet
On me prépare une grande bassine remplie d'eau à bonne température car la douchette est morte et l'eau sort de tous les côtés. Pas de soucis, je commence à etre habituée à
des douches diverses et variées... au hasard de mes escapades. On me donne la chambre de la fille aînée et je m'endors, fatiguée mais heureuse de cette première journée déjà très
intense.
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