A 1225 m d’altitude et 3 heures de minibus de la ville de Sivas, se dresse un joyau architectural impressionnant, en plein coeur
de l’Anatolie Centrale, le complexe de l’Ulu Cami et Darüşşifa.
En ce 8 septembre 2007 de bon matin, je suis bien décidée à prendre la journée pour me rendre à Divriği dont la grande mosquée et l’hôpital psychiatrique sont classés au patrimoine mondial de
l’Unesco depuis 1985.
La route traverse des paysages magnifiques, en particulier entre Kangal (d’où sont originaires les chiens de berger qui portent ce nom) et Divriği. Elle zigzague et grimpe en même temps, laissant
entrevoir par moments des formes qui me rappellent celles de la Cappadoce.
Paysages
lunaires sur la route de Divriği
A peine arrivée, je demande la direction du site qui n’est qu’à 10 petites minutes à peine, dans le haut de cette petite ville d’environ 15000 habitants. Heureusement car la température frôle les
40º et il n’y a pas l’ombre d’une brise.
En m’approchant, rien ne me laisse encore deviner ce qui m’attend. De loin, ma première impression est un sentiment de crainte d’avoir fait une telle distance pour finalement être
déçue.
Le
complexe vu d'un peu loin n'a pas d'attrait particulier
Construits en 1228 par l’émir local Ahmet Şah et son épouse Fatma Turan Melik, les deux monuments, l’Ulu Camii et l’hôpital psychiatrique (Darüşşifa) sont contigus.
Deux gardiens sont installés dans l’entrée de l’ancien centre de traitement des aliénés, conversant autour d’un thé. Pas de droit d’entrée à acquitter, pas de guérite de sécurité… et aucun
touriste à mon arrivée…
Ce lieu dégage une atmosphère particulière et j’imagine aisément le clapotis de l’eau dans le bassin octogonal et la musique adoucir les maux des malades puisque c’est ainsi qu’ils étaient
soignés à l’époque.

L'imposante salle de la Darüşşifa
Le bassin central
Les deux portails de l’entrée nord de la mosquée sont un déploiement de détails architecturaux somptueux de style seldjoukide : des motifs géométriques, des médaillons, des pierres ouvragées, des
formes élancées, une merveille hors du commun.
L’intérieur de la mosquée tranche totalement, d’une sobriété déconcertante et dégage presque une certaine sévérité.
La porte ouest est également finement travaillée, ornée de représentations d’oiseaux et d’animaux.
Toujours plus proche pour apprécier les détails
Je suis restée plus d’une heure à admirer ce chef d’oeuvre qui mérite d’être plus connu qu’il ne l’est avant de redescendre dans le centre du bourg, non sans avoir jeté un oeil sur la citadelle toute proche mais en restauration lors de mon passage, ainsi qu’un hammam situé vers le bas.
La petite ville possède également quelques kümbets qui sont des tombeaux seldjoukides datant de la fin du XIIème et du début du XIIIème
siècle.
Il fait bon se promener dans les ruelles ombragées et couvertes de treilles et se protéger ainsi de l’ardeur du soleil en cette fin d’été avant de monter dans le mini-bus pour Sivas.
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A l'attaque !
Toujours un compère dans les parages !


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