Jeudi 2 octobre 2008



Vous vous souvenez peut-être du fabuleux musée privé Sakip Sabanci situé à Emirgan, sur la rive européenne du Bosphore qui a accueilli au printemps l'exposition des arts islamiques du Louvre http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-20062113.html.

Depuis le 20 septembre et jusqu'au 20 janvier 2009, après Picasso, Rodin, Genghis Khan et les arts islamiques du Louvre, c'est au tour de Salvador Dali, le roi du surréalisme, d'être à l'honneur.

  

Les jours de fête actuels n'ont pas empêché la foule d'être au rendez-vous hier pour admirer les 33 tableaux, 113 dessins, 111 gravures et 12 litographies provenant essentiellement du musée-théâtre Dali de Figueres en Espagne. Au total 385 pièces sont présentées à Istanbul, si l'on ajoute les écrits, les photographies et autres documents divers concernant l'homme hors du commun qu'était Salvador Dali.

 

Comme dans toutes les expositions précédentes, une première partie permet à la fois de connaître la vie de l'artiste ainsi que les évènements historiques ayant eu lieu à la même période.

  

Salvador Dali naît le 11 mai 1904 dans une famille bourgeoise à Figueres en Catalogne sous le nom de Salvador Felip Jacint Dali Domènech.  A 16 ans, il décide de devenir peintre et son père, notaire, accepte à une condition : qu'il aille étudier aux Beaux Arts de Madrid.

En 1926, il vient à Paris pour la première fois où il rencontre Picasso ; c'est avec ce dernier qu'il visite le musée du Louvre.

    
                 Figures couchées sur le sable 1926 - huile sur bois - Fondation Gala-Salvador Dali

                   
                Portrait d'Emilio Terry - 1934 - Huile sur bois - Fondation Gala-Salvador Dali

Emilio Terry est un architecte, dessinateur, décorateur et paysagiste cubain. En 1933, Terry réalise la maquette d'une maison dite "en colimaçon" que Dali illustre sur ce tableau à côté d'un piano surréaliste.

En 1929, il fait la connaissance de Gala, de dix ans son aînée, née en Russie sous le nom d'Elena Ivanotva Diakonova, c'est le coup de foudre. A cette époque, elle est l'épouse du poète français Paul Eluard et la maîtresse de Max Ernst.

  
                                                  Dali et Gala - effets de miroir

Gala devient civilement la femme de Dali en 1932, sa muse et son unique modèle féminin. C'est un couple en osmose totale, le peintre représentant Gala comme un mythe vivant et cette dernière faisant fructifier les affaires de son mari après l'avoir délivré du naufrage psychologique dans lequel il s'enfonçait.

               
                                 Gala qui avance - encre sur papier 1939-41

En 1931, il réalise ses premiers objets surréalistes, en 1941 ses premiers design de bijoux.  Tout au long de sa vie, il travaillera également de façon très proche avec l'univers de la mode en créant des robes aux formes anatomiques destinées à exciter l’imagination érotique, des lunettes kaléidoscopiques, des chaussures musicales et j'en passe. Son excentricité et son imagination n'ont aucune limite.

             
                                    Leda Atomica - 1949 - huile sur toile

En 1947, Dali réalise d'abord une esquisse de cette toile au crayon (dont Gala est le modèle) qui s'appelle Physique nucléaire - improvisation, inspirée par les bombardements atomiques d'Hiroshima en 1945. 

Gala change d'attitude, n'est plus l'égérie, ni la partenaire des délires de Dali et est lasse de vivre par procuration. 

  
                            Un mariage religieux aura lieu en 1958, soit 26 ans après le mariage civil

Elle devient parfois une geôlière, enfermant notamment Dali dans son atelier afin qu'il honore ses commandes. Cette femme, qui souffre de la phobie du manque d'argent et qui ne supporte pas de vieillir, fricote avec des jeunes garçons.  Dali lui pardonne tous ses excès...

                   
         Gala qui contemple le corps hypercubique - 1954 - huile sur toile - Fondation Gala-Salvador Dali
                             La lumière qui se dégage de ce portrait est magique. 

Le couple s'exile à New-York de 1939 à 1948 en raison de la guerre qui sévit en Europe. Durant cette période, en 1944, Dali publie son premier et unique roman "Visages cachés". Il rédige également de nombreux textes sur ses idées délirantes et sa conception de la peinture.

Etant donné la singularité et la multiplicité des aspects artistiques du personnage, je vous propose de continuer demain à le découvrir à travers sa vie et quelques unes des oeuvres présentées actuellement à Istanbul.

                
                                     La Une du Time du 14 décembre 1936


Dali triomple lors de sa participation à la première exposition surréaliste à New York en 1932, bien avant d'y passer quelques années de sa vie. Il participe ensuite à de nombreuses expositions dans cette ville.



par Nat publié dans : Actualité culturelle communauté : Turquie
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Mercredi 1 octobre 2008

 

Le musée de plein air de Göreme est sans doute le site de Cappadoce qui fait le plus parler de lui. Classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, il va sans dire qu’il mérite d’être visité.


Le plus dur est de se retrouver avec des hordes de touristes, qui selon leur nationalité, sont plus ou moins disciplinés, intolérants, très souvent peu respectueux des lieux, voire désagréables face aux touristes isolés dont je fais partie. Combien de fois-je ne me suis-je pas gênée de rappeler en anglais ou en allemand, que le flash était interdit à l’intérieur des églises car cela endommageait les peintures. Au vu de leur récidive, j’avais l’impression d’avoir affaire à des enfants qui ne voulaient rien comprendre. Il y a parfois des baffes qui se perdent...

 
                                                       Le musée de plein air de Göreme

Il est pour moins bien plus difficile de profiter ainsi pleinement de la beauté et de l’intérêt des lieux.


Je souhaite vous présenter une seule des églises de cet ensemble monastique impressionnant par la taille et par la quantité d’églises et de chapelles qu’il abrite. Il s’agit de “Karanlık Kilise”, "l’Eglise Sombre".

  
L'accès à l'église se fait par la gauche, près de la pancarte - les autres portes donnent sur un réfectoire, un cellier, un dortoir

Son accès est payant en sus du billet d’entrée, ce qui limite le nombre de visiteurs. Compte-tenu toutefois du chef-d’oeuvre, de la richesse des peintures et de la restauration coûteuse entreprise durant douze ans par une équipe composée de restaurateurs français, italiens, polonais et turcs, je trouve normal de payer un supplément. J'ai entendu pas mal de réflexions, surtout de français, qui avaient l'impression de se faire arnaquer...

  
                En haut de l'escalier, en entrant dans la première salle, au-dessus de la porte

Au IVème siècle, trois grands Saints originaires de Cappadoce (l'évêque de Kayseri le Grand Basile, son frère Grégoire de Nyssa et Grégoire de Naziance) ont donné naissance aux idées et formes du christianisme.  


Basile avait choisi une vie très simple loin des villages. Il s'était retiré et avait mis en place des endroits de recueillement. Sous le contrôle d'un prêtre, des rituels de prière journalière avaient été instaurés. La réforme  apportée par Basile dans les églises de la Cappadoce consistait à dire les prières en communauté. Ce système a pris naissance dans ce que l'on nomme aujourd'hui, le musée en Plein air de Göreme.

 
                              Vue partielle du plafond dans la première salle

Pour revenir à Karanlık kilise, elle a été construite à la fin du XI – début du XIIème siècle, est de forme rectangulaire avec un plan en croix. On arrive au narthex par un escalier étroit en colimaçon. Une première petite salle donne déjà une idée de ce qui attend quelques mètres plus loin. La nef et la voûte sont en berceau, marque architecturale typique dans la région. Quatre colonnes et trois absides sont visibles. Les peintures ont gardé leur éclat grâce au peu de lumière qui filtre par la seule petite fenêtre du lieu.

  
                                                   Trois des quatre colonnes

D’innombrables scènes bibliques y sont représentées telles que la nativité, l’adoration des rois mages, le baptême, la trahison de Judas,.. 

       Le baiser de Judas et l'arrestation

On y voit également la résurrection de Lazare, la Sainte Cène,  la crucifixion, la descente aux enfers, les femmes devant le tombeau vide, etc.

  
                                           On ne sait plus où regarder tant il y en a

  
                                                      Les visages sont magnifiques
 
Justement la représentation de la Sainte Cène, un fait troublant est à prendre en ligne de compte sur celle-ci. Regardez-la bien... et ensuite comparez-la à celle de l’église de Gülşehir en-dessous. Une différence importante est visible, laquelle ?

  
                                       La Sainte Cène représentée dans Karanlık kilise

Je ne suis pas certaine que si le gardien de Gülşehir n’avait pas attiré mon attention sur celle-ci, j’aurais gardé en mémoire la composition totale de la scène et... la différence.

  
                                     La Sainte Cène dans l'église de Gülşehir

Toujours est-il que Karanlık kilise est époustouflante de beauté... Seuls quelques autres photographes amateurs sont restés assez longtemps pour essayer de mémoriser un maximum de vues.

  
                                                                 La crucifixion

Des heures seraient nécessaires, malgré la taille finalement très petite des lieux, pour recenser, détailler, graver dans la mémoire de la petite boîte noire la quantité de détails.
                 

      

par Nat publié dans : Cappadoce communauté : Turquie
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Mardi 30 septembre 2008



Terminé le tambour qui te réveille presque tous les matins vers 3 h 30 depuis un mois. Ces derniers jours, il faisait son traditionnel porte-à-porte pour récolter quelques sous en échange du service rendu.

                 
                                   18 h hier soir dans les rues de Cihangir       

Terminées également les files d'attente devant les restaurants le soir à l'heure de la rupture du jeûne ou aux endroits où la municipalité offrait des colis-repas.

   
        Sur Istiklal Caddesi un soir de Ramadan quelques minutes avant l'heure de la rupture du jeûne

  
                    Sur la place de Taksim aux abords du camion qui distribue les colis-repas le soir

Deux célébrations importantes ont eu lieu ces derniers jours, "kadir gecesi" vendredi soir, qui célèbrait la descente du Coran sur la terre et "Ramazan bayramı arefesi", la veille de la fête, hier.

A partir d'aujourd'hui et durant 3 jours, c'est le "Ramazan bayramı" plus connu en Turquie sous le nom de "şeker bayramı", la fête du Sucre.

  
                                                           Quartier d'Eminönü

Les fidèles se sont acquittés de l'aumône de la rupture du jeûne et sont allés prier de bonne heure. Mais avant de se rendre à la mosquée ce matin, les croyants ont pris un petit déjeuner composé d'aliments sucrés (dont des dattes). Le nom de fête du sucre vient justement de l'allusion à cette nourriture sucrée consommée au petit déjeuner du premier jour de fête.

 
                                                 Quartier d'Eminönü

Ces jours de fête permettent d'aller voir la famille et de présenter les voeux pour l'occasion. Beaucoup d'entre nous ont une semaine de congé complète entre la journée d'hier où de nombreux établissements fermaient à midi et ce vendredi considéré comme jour de congé supplémentaire par l'Etat cette année.

 
                                              Les commerçants ne chôment pas

On offre généralement partout et à tout le monde des bonbons, des chocolats, des douceurs de toutes sortes. On en profite pour acheter des vêtements neufs. Hier, c'était la cohue devant les étalages et les magasins où l'on trouve tout ce qui est consommé et offert et durant ces trois jours.

  
                                      Passage souterrain d'Eminönü hier vers 14 h 30

Les primeurs, les marchands de fruits secs ou d'épices se transforment en confiseur durant quelques jours.

                 
                           Les fruits et légumes sont exposés derrière les bonbons

La foule s'empresse de faire ses derniers achats, les queues sont interminables devant certaines vitrines et les vendeurs se frottent les mains. 

 
                                Devant la boutique d'un célèbre chocolatier du quartier d'Eminönü

  
                             Au marché permanent d'Eminönü hier en plein après-midi

C'est une des périodes de l'année où certains commerces,  principalement de nourriture, font la plus grosse part de leur chiffre d'affaires. Une enquête réalisée en 2006 fait apparaître que les musulmans dépensent 30 % de leur budget annuel durant le mois du Ramadan et la fête du Sucre qui s'en suit.

 

A tous mes amis turcs et musulmans, je souhaite un "iyi bayramlar" (bonnes fêtes) ! ...Et attention aux excès de sucrerie...

  

                  Bonbons ou chocolats, vous avez l'embarras du choix !
   
                

par Nat publié dans : Actualité communauté : Turquie
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