Mercredi 8 octobre 2008


Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" du mois d'octobre 2008
 

La ville de Gaziantep possède de nombreuses richesses dont certaines ne sont pas assez exploitées, surtout en matière touristique.

 

Si les pistaches produites dans sa région ont pour réputation d’être les meilleures de l’hémisphère Nord, au même titre que ses baklavas ou sa gastronomie, cette cité de plus d’un million d’habitants mérite largement un détour pour mieux la connaître.


  
                                  Assortiment de douceurs à base de pistache         
 

Sa citadelle, composée de 12 tours et occupant 1200 m de circonférence, tout d’abord, qui domine une petite colline au milieu de la ville ville. Erigée par les romains, restaurée par l’empereur Justinien au VIème siècle, elle a ensuite été revue et corrigée par les seldjoukides aux XIIème et XIIIème siècles.


  
 

Sa visite permet d’avoir une vue plongeante sur la ville, ses vieux quartiers aux mosquées délicatement ouvragées, ses ruelles en pente et étroites, ses charmantes échoppes dont les bruits et les odeurs attirent les curieux.

 

Un mémorial inauguré à Noël 2007 est situé non loin de là, érigé à la mémoire de 14 jeunes martyrs décédés le 28 mars 1920 durant la guerre d’indépendance.


  
 

Retour dans le quartier au bas de la citadelle, c’est là où l’on trouve la majorité des artisans qui font la gloire de l’artisanat d’Antep, son nom raccourci connu depuis la fin du  IXème siècle. Martelant et ciselant le cuivre, l’’étain, mélangeant les métaux, c’est là que sont fabriqués les plats, les cruches, les jarres de tailles diverses qui agrémenteront votre intérieur.

 

 

Une colline toute proche donne envie de découvrir, qui ses jolies maisons de pierre, qui ses minuscules jardins que l’on aperçoit lorsqu’une porte s’entrouvre, au hasard des ruelles.


                 
                            Le minaret délicatement ouvragé de la mosquée Tahtani 


Traversons une des avenues principales de la ville où les pâtisseries les plus réputées donnent envie de goûter aux délicieux baklavas et autres douceurs. Cela permet de rejoindre l’ancien quartier arménien dont la population a laissé de nombreuses traces, en particulier des villas somptueuses actuellement en cours de rénovation pour partie, de même que les voies qui permettent d’y accéder.


C’est là que se trouve l’intéressant musée ethnographique Hasan Süzer situé dans une merveilleuse demeure vieille de 200 ans, ancienne propriété arménienne. Restaurée en 1985, elle a ensuite été transmise au Ministère de la Culture et du Tourisme. Dommage que les informations fournies sur place ne soient pas à la hauteur du lieu, car sa visite permet de mieux découvrir le mode de vie d’il y a une centaine d’années.


              
                                       Le musée ethnographique  


A côté du stade, le célèbre musée de la ville. Deux bâtiments dont un construit il y a deux ans pour accueillir et mettre en valeur les sculptures et mosaïques découvertes à Zeugma. Nous le découvrirons dans le cadre d'un autre article qu'il mérite à lui-seul, tant sa richesse est grande.


  
                         Une des magnifiques mosaiques de Zeugma dans le musée de la ville 


L’estomac crie famine, c’est chez Imam Çağdaş, institution de la ville depuis 1887, qu’il faut aller. La gastronomie turque trouve ici une de ses places les plus réputées. Des viandes parfumées aux délicates épices, des salades relevées à l’extrait de grenade, des spécialités comme l’ali nazik, un des mets les plus raffinés qui vous laissera un souvenir impérissable ; l’ayran, boisson locale à base de yaourt battu avec de l’eau et du sel est ici servi à la louche dans des timbales de métal.

 

              
                             Régal tant pour les yeux que pour les papilles

Et si après cette pause gourmande, vous avez encore quelques envies à calmer, rien ne vous empêche de grignoter une poignée de pistaches. Vous en trouverez partout puisqu’elles sont une des richesses de la région et non des moindres.


                
 

Si vous avez envie d’un peu de verdure et de tranquillité, je vous invite à découvrir le zoo de Gaziantep, le plus vaste du pays et dont la réputation n’est plus à faire. La faune est particulièrement bien représentée de même que le monde marin ; ses aquariums dont la visite se fait en musique, s’il vous plait, accueillent 2950 poissons de 74 variétés différentes.

 

Toutes ces visites ne peuvent vous donner qu'une envie, celle de revenir...

par Nat publié dans : Mes publications communauté : Turquie
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Mardi 7 octobre 2008


Bahçeköy est un petit village paisible perdu au milieu de la forêt de Belgrade en direction de la Mer Noire sur la rive européenne d'Istanbul, à une vingtaine de kilomètres du centre ville. Il porte bien son nom qui veut dire "village du jardin". En effet, il abrite l'arboretum Atatürk, une pépinière consacrée à la culture expérimentale d'arbres ou d'arbustes d'essences diverses.

                 

Plusieurs plans d'eaux se trouvent de part et d'autre de l'entrée du site. Les bancs installés tout autour permettent de profiter tant de la flore que de la faune environnante composée essentiellement de canards et de divers oiseaux, ainsi que de grenouilles et de tortues...





 Le jour de ma visite, ce sont aussi deux chiens de rue avec leur poinçon de la mairie dans l'oreille qui nous ont accompagné tout au long de la promenade.

              

Ce musée végétal vivant, créé en 1949 sur une surface de 38 ha par le Docteur Hayrettin Kayacık, porte le nom du fondateur de la République turque et dépend de la Direction Générale de l'Environnement et des Forêts. Il fait figure de "jeune" par rapport aux arboretum qui existent de par le monde et qui sont souvent plus que centenaires.

    

Aujourd'hui, il n'a rien à envier à ses collègues plus âgés avec ses 296 ha actuels qui permettent de découvrir plus de 10000 plantes, fleurs et arbres du monde entier, dont certaines variétés très rares.

                         
      
Des sorties scolaires et des formations sont régulièrement organisées à tous niveaux, de l'école maternelle jusqu'au cycle universitaire. A titre d'exemple en 2004, 8500 élèves ont pu visiter ce site.

         
                                      Une petite grenouille à l'arrière-plan à gauche 



Des arbres aux fleurs, la collection et l'échantillonnage présentés sont conséquents sur la surface qui compose les lieux. A l'entrée, un tableau est mis à jour régulièrement pour permettre aux visiteurs de savoir quelle fleur est éclose, quel plante est actuellement intéressante à voir. De même, des panneaux indiquent les noms parfois complexes des différents specimens.

   

   
                                                                 Guttiferae

En 1990 a débuté la collection de chênes, en 1996, une quinzaine de parcelles d'une surface globale de 2,5 ha ont été détachées de l'ensemble pour abriter les premières plantations. La même année, des semences ont été demandées auprès de 50 arboretum, de jardins botaniques et d'instituts spécialisés dans différents pays tels que le Mexique, le Japon, l'Espagne, le Portugal, aux Etats-Unis également.

                      

C'est une promenade revigorante et tranquille qui vous attend ici, une symphonie de couleurs différentes selon les saisons, sans pollution, sans bruits autres que le bruissement des feuilles et les chants des oiseaux.

        

Différentes lignes de bus permettent d'accéder à Bahçeköy de 4. Levent, de Taksim et de Sariyer. Il suffit ensuite de marcher une petite dizaine de minutes après avoir bifurqué à l'embranchement où se trouve la Direction forestière d'Istanbul (Ist. Orman Bölge Müdürlügü) en suivant le panneau indicatif des lieux.



Accès gratuit à tout public en semaine de  9 h à 17 h en hiver et de  9  h à 18 h  en été.

Le week-end par contre, il est uniquement accessible aux titulaires d'une carte d'accès délivrée par l'administration des lieux.

Tel (0212) 226 19 29 - 226 23 35 - 226 23 37




                   


par Nat publié dans : Découverte d'Istanbul communauté : Istanbul
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Lundi 6 octobre 2008
Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" d'octobre 2008

 

Cette journée a été lancée en 1996 dans le Bas-Rhin sous la formule « journée portes ouvertes » par l’association juive B’nai B’rith Hirschler de Strasbourg, en partenariat avec l’Agence de Développement Touristique du Bas-Rhin. De nombreux sites juifs tels que synagogues, cimetières, musées, etc, ont ainsi été ouverts au public chaque été (200 sites répertoriés rien qu’en Alsace). Des animations, des visites guidées, des conférences et des concerts, y ont été organisés.

    
                         Choeur Ilahileri sous la direction de Cako Taragano - synagogue italienne

Le projet devient international en 2000 avec la création de la « Journée Européenne de la Culture Juive » dont les objectifs sont :

-       De rassembler et de sensibiliser les Européens au patrimoine historique et culturel commun, dans un esprit de tolérance et de dialogue

-       De faciliter l’accès à la culture

-       De souligner la nécessité de préserver ce patrimoine de la destruction et de l’oubli

-       De développer un tourisme européen autour de la culture.

   

   
 Linet Şaul, chanteuse d'opéra, accompagnée par Albert, Alper et Tracy D. Aziz -  chants populaires judéo-espagnols - Synagogue Aşkenaz

Cette journée est aussi le résultat de l’apparition de nouvelles dynamiques de coopération entre 30 pays et régions qui veulent participer au même moment à un projet commun.

A Istanbul, ce dimanche 7 septembre 2008, la foule est au rendez-vous dans le quartier de Galata, un des coins de la ville où la population juive a été la plus concentrée. Les juifs de la ville se retrouvent pour une journée de fête où la musique et le chant sont rois, des musulmans, des touristes, viennent quant à eux découvrir et enrichir leurs connaissances d’une culture finalement méconnue.

  

Groupe Klez-Mez composé de E. Bora Gürel, Özlem Gürel, Sumru Ağıyürüyen et Yuri Ryadchenko - synagogue Aşkenaz 


Trois synagogues de la ville sont exceptionnellement ouvertes au public : la synagogue italienne, la synagogue Aşkenaz (de la communauté Askhenaze qui lui a donné le nom) et la synagogue Newe Şalom, la plus récente et sans doute la plus tristement connue suite aux deux attentats commis en 2003 et en 2006 et qui ont fait à eux deux plus de 40 victimes.


                  
                                          Public nombreux et enchanté

Des récitals et concerts y sont donnés par d’éminents artistes juifs, l’ambiance est particulièrement joyeuse et animée.


Un récital de piano est donné par Angelika Akbar dans le musée de la banque ottomane, pour la plus grande joie de ses auditeurs.


                
                                                     Angelika Akbar

A Newe Şalom, un mariage fictif est organisé en fin de journée afin que le public découvre les rites et coutumes juives à cette occasion.


    
                              Célébration fictive du mariage - Synagogue Newe Şalom

Le centre culturel Schneidertempel, quant à lui, propose une exposition de dessins ainsi qu’un concert, tandis que celui de Newe Şalom, ce sont des peintures et sculptures réalisées par des artistes juifs qui sont présentées.

L’ancienne synagogue Zülfaris, reconvertie en 2001 en musée juif à l’occasion du 500ème anniversaire de l’arrivée des juifs d’Espagne dans l’empire ottoman, permet de découvrir l’histoire de cette communauté qui a pu vivre dans sa nouvelle patrie sans discrimination. Une exposition temporaire de photos concernant la vie d’Aron Angel s’y tient.

                   

                                               L’ancienne synagogue Zülfaris


Au centre culturel italien, un concert est suivi par une exhibition de danse par le groupe Karmiel composé de 30 danseurs de réputation internationale.

Plusieurs conférences, lectures et diaporamas sont également proposés au centre culturel Newe Şalom et à la synagogue italienne. Des visites guidées culturelles permettent de découvrir l’héritage juif.

                       
                                   L'ensemble Yinon Muallem - Synagogue italienne

A chaque endroit, de délicieuses pâtisseries juives sont offertes aux visiteurs.

Cette journée riche à tous points de vue s’est terminée en apothéose par un geste symbolique très fort. En effet, la communauté juive a offert un iftar (repas du jeûne) aux musulmans en cette période de Ramadan. Tout le monde s’est retrouvé dans la salle des mariages de la mairie de Beyoğlu mise à disposition à cette occasion. 

  
                                              Iftar offert par la communauté juive

Une prière à haute voix a été faite à l’invitation de l’imam sur place pour remercier les frères juifs de cet acte d’amitié. Des gestes de ce genre, de part et d’autre, d’une richesse sans nom, ont clôturé en beauté ce dimanche pas comme les autres dans le quartier de Galata à Istanbul.

par Nat publié dans : Mes publications communauté : Istanbul
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