Mercredi 24 septembre 2008


L’aéroport de Nevşehir est situé à une vingtaine de kilomètres de la ville du même nom et la navette qui assure (gratuitement) la liaison pour les voyageurs venus avec la compagnie THY passe par une petite localité toute proche, Gülşehir.

Cette commune tranquille possède deux attraits dont "Açık Saray", le palais à ciel ouvert, situé à 4 km au sud de la ville. C'est un ensemble monastique qui comporte plusieurs églises rupestres en bon état.


          
                                       Une église dont j'ignore le nom

L’accès y est libre, par contre j’ai trouvé dommage qu’aucun panneau ni plan ne permette de connaître un tant soit peu les lieux. J’ai sans doute loupé certains endroits mais vu le nombre de chemins qui partaient de ci, de là, sans indication, j’ai assez rapidement renoncé à faire des kilomètres à l’aveuglette avec mon sac à dos.

            
                                   Le monastère aux 6 colonnes

J’ai fait 2 km à pied en direction de Gülşehir pour découvrir une église dont la visite m'a vivement été recommandée par le mari de Tulay, ma meilleure amie turque.

A quelques pas des premiers immeubles, un panneau indique l’entrée du site. L’extérieur ne laisse nullement présager de la merveille qu’on découvre à l’intérieur.

L'église Saint-Jean (Karşı Kilise), érigée sur deux niveaux en 1212, ne possède aucune fenêtre visible de l'extérieur. Le niveau inférieur est assez dépouillé. Il comprend une seule nef, une réserve destinée au stockage du vin (!) et quelques sépultures.

  

Seuls quelques formes géométriques simples sont représentées. Elles laissent à supposer que l’origine de la construction pourrait être antérieure au XIIIème siècle et remonter à la période iconoclaste (VIIIème – IXème siècle) où les représentations divines ou de personnes étaient interdites de peur que l’on puisse adorer des « images ».

Un escalier métallique remplace à présent celui qui devait relier les deux niveaux par le passé. En levant les yeux, le plafond et les murs permettent d'avoir un premier aperçu des fresques admirables qui les recouvrent.

                

Des médaillons à l'effigie de différents saints, des épisodes de la Bible tels que l’Annonciation ou la Trahison de Judas, sont représentés là depuis des siècles. 
                    
                                               Ce visage pourrait être celui de Moïse



Le baptême de Jésus-Christ par Saint-Jean-Baptiste, sous l'oeil de deux anges, la mise au tombeau, la descente de la Croix et la résurrection du Christ sont parmi les oeuvres les plus troublantes.

 
 Sur la partie gauche de cette scène, un ange montre à deux femmes que le tombeau où a été enterré le Christ est vide, à droite ce dernier fait ressusciter Adam.

Les peintures sont d’une pureté rare, les couleurs éclatantes, les nombreux détails sont saisissants de vérité.

 
La scène du paradis à gauche où le Christ tire à lui certains hommes sous l'oeil d'Isaac, d'Abraham et Jacob (tous trois à la barbe blanche) et de l'enfer à droite représenté par un dragon en train d'avaler un homme

Retenez bien l’image de la Sainte-Cène car sous peu, je vous proposerai de la comparer à une autre qui se trouve dans une église de Göreme et qui présente une différence majeure. Les disciples sont autour du Christ pour le dernier repas qui n’est pas composé de pain et de vin comme on se le représente en principe, mais… de poisson.



La scène représentant le baiser de Judas qui conduira à l'arrestation du Christ et à son jugement est particulièrement impressionnante.



Cette église a fait l’objet d’une restauration décidée par la Direction Générale de Protection des Sites Naturels et Culturels et qui a duré d’octobre 1995 à octobre 1996. Le résultat est pour le moins réussi. 

                 

Moi qui ne fréquentais les églises en France que par obligation à l'occasion de baptêmes, de mariages ou de décès, je n'ai jamais autant vu de lieux de culte divers et variés qu'en Turquie.

Je les admire, à l'instar de celle de Gülşehir, comme des oeuvres d'art à part entière qui permettent de mieux connaître les différentes religions qui ont contribué à la richesse et la diversité de ce pays.

par Nat publié dans : Cappadoce communauté : Turquie
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Mercredi 24 septembre 2008
Il va falloir patienter sans doute quelques heures pour découvrir Gülsehir et sa splendide église. En effet, pas moyen de choisir la police d'écriture, pas moyen d'insérer de photos, pas moyen de répondre aux commentaires, ça déconne grave depuis hier sur le site ! Je suppose que les spécialistes sont en pleine effervescence pour remettre tout cela d'aplomb... A bientôt.
par Nat publié dans : Généralités
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Mardi 23 septembre 2008


... Istanbul n'est pas une ville. Elle ressemble à une ville, mais en réalité, c'est un navire....Nous sommes tous des passagers, ici,...

                                                                                          Extrait de "La bâtarde d'Istanbul"


J'ai pu profiter de ces quelques jours loin d'Istanbul pour lire enfin le roman d'Elif Shafak "La bâtarde d'Istanbul" qui m'a été offert pour Noël dernier par ma meilleure amie d'ici.

J'en avais beaucoup de bien de ce livre publié voilà tout juste un an.

Asya Kazanci, "la bâtarde d'Istanbul", jeune fille au caractère bien trempé, croise sur sa route Armanoush Tchakhmakhchian, jeune arménienne ayant grandi aux Etats-Unis, qui en venant à Istanbul à l'insu de sa famille, tente de comprendre les origines de son peuple.

Deux familles aux destins différents dont l'histoire de chacune d'entre elles s'est reproduit sans doute plus d'une fois pas seulement dans le livre, mais aussi en vérité.

                                                                     

C'est un trait d'union entre deux peuples que tout unit et que tout sépare, les Turcs et les Arméniens. Troublant, émouvant, parfois volontairement dérangeant, il ne peut laisser indifférent. Parfois, il fait sourire, parfois aussi, la gorge se noue au fil des pages.

En le lisant avec délectation, j'ai retrouvé des caractéristiques connues, celles d'amis tant turcs qu'arméniens, chacun avec ses particularités mais aussi ses similitudes.

Le travail de profondeur réalisé par l'auteur, femme écrivain turque d'une quarantaine d'années, auprès de familles turques et arméniennes qui ont partagé avec elle leur histoire mais aussi les souffrances passées, transpire à chaque page.

Pour tous les amoureux d'Istanbul et de la Turquie, cet ouvrage mérite une place de choix dans votre bibliothèque.


... Le vrai choc des cultures, c'est celui qui oppose les Turcs aux Turcs....Nous sommes piégés. Nous sommes coincés entre l'Est et l'Ouest. Entre le passé et l'avenir....

                                                                                      
Extrait de "La bâtarde d'Istanbul"


par Nat publié dans : A lire ou à regarder communauté : Istanbul
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