L’aéroport de Nevşehir est situé à une vingtaine de kilomètres de la ville du même nom et la navette qui assure (gratuitement) la liaison pour les voyageurs venus avec la compagnie THY passe par une
petite localité toute proche, Gülşehir.
Cette commune tranquille possède deux attraits dont "Açık Saray", le palais à ciel ouvert, situé à 4 km au sud de la ville. C'est un ensemble monastique qui comporte plusieurs églises
rupestres en bon état.

Une
église dont j'ignore le nom
L’accès y est libre, par contre j’ai trouvé dommage qu’aucun panneau ni plan ne permette de connaître un tant soit peu les lieux. J’ai sans doute loupé certains endroits mais vu le
nombre de chemins qui partaient de ci, de là, sans indication, j’ai assez rapidement renoncé à faire des kilomètres à l’aveuglette avec mon sac à dos.

Le monastère aux 6 colonnes
J’ai fait 2 km à pied en direction de Gülşehir pour découvrir une église dont la visite m'a vivement été recommandée par le mari de Tulay, ma meilleure amie turque.
A quelques pas des premiers immeubles, un panneau indique l’entrée du site. L’extérieur ne laisse nullement présager de la merveille qu’on découvre à l’intérieur.
L'église Saint-Jean (Karşı Kilise), érigée sur deux niveaux en 1212, ne possède aucune fenêtre visible de l'extérieur. Le niveau inférieur est assez dépouillé. Il comprend une seule nef, une
réserve destinée au stockage du vin (!) et quelques sépultures.

Seuls quelques formes géométriques simples sont représentées. Elles laissent à supposer que l’origine de la construction
pourrait être antérieure au XIIIème siècle et remonter à la période iconoclaste (VIIIème – IXème siècle) où les représentations divines ou de personnes étaient interdites de peur que l’on
puisse adorer des « images ».
Un escalier métallique remplace à présent celui qui devait relier les deux niveaux par le passé. En levant les yeux, le plafond et les murs permettent d'avoir un premier aperçu des fresques
admirables qui les recouvrent.

Des médaillons à l'effigie de différents saints, des épisodes de la Bible tels que l’Annonciation ou la Trahison de
Judas, sont représentés là depuis des siècles.

Ce visage pourrait être celui de Moïse

Le baptême de Jésus-Christ par Saint-Jean-Baptiste, sous l'oeil de deux anges, la mise au tombeau, la descente de la Croix et la résurrection du Christ sont parmi les oeuvres les plus
troublantes.

Sur la partie gauche de cette scène, un ange montre à deux femmes que le tombeau où a été enterré le Christ est vide, à droite ce dernier fait ressusciter
Adam.
Les peintures sont d’une pureté rare, les couleurs éclatantes, les nombreux détails sont saisissants de vérité.

La scène du paradis à gauche où le Christ tire à lui certains hommes sous l'oeil d'Isaac, d'Abraham et Jacob (tous trois à la barbe blanche) et de l'enfer
à droite représenté par un dragon en train d'avaler un homme
Retenez bien l’image de la Sainte-Cène car sous peu, je vous proposerai de la comparer à une autre qui se trouve dans une
église de Göreme et qui présente une différence majeure. Les disciples sont autour du Christ pour le dernier repas qui n’est pas composé de pain et de vin comme on se le représente en principe,
mais… de poisson.

La scène représentant le baiser de Judas qui conduira à l'arrestation du Christ et à son jugement est particulièrement impressionnante.

Cette église a fait l’objet d’une restauration décidée par la Direction Générale de Protection des Sites Naturels et Culturels
et qui a duré d’octobre 1995 à octobre 1996. Le résultat est pour le moins réussi.

Moi qui ne fréquentais les églises en France que par obligation à l'occasion de baptêmes, de mariages ou de décès, je n'ai jamais autant vu de lieux de culte divers et variés qu'en Turquie.
Je les admire, à l'instar de celle de Gülşehir, comme des oeuvres d'art à part entière qui permettent de mieux connaître les différentes religions qui ont contribué à la richesse et la
diversité de ce pays.
ajouter un commentaire commentaires (7) recommander

Derniers Commentaires