A environ 3 km au nord de Gôreme, le site le plus connu et le plus visité de Cappadoce, se trouve un charmant
village d'environ 800 âmes en hiver, paisible et digne d'intérêt, Çavuşın.
On y accède soit par la route principale qui relie Göreme à Avanos, soit par un chemin parallèle bien plus agréable puisqu'il permet, grâce à des petits sentiers perpendiculaires, de se retrouver
dans la vallée de la rose (Güllüdere Vadisi) que je vous présenterai dans un billet ultérieur.
Je suis arrivée en même temps que la pluie à Çavuşın. Malgré ces conditions peu favorables, j'ai de suite été conquise par cette falaise impressionnante située dans la partie haute du village et
qu'on aperçoit de loin.

Ce roc comprend de nombreuses habitations troglodytes ainsi que deux églises, Saint-Jean-Baptiste, perchée tout en haut de la falaise et Saint-Jean, accessible par un escalier de fer en
bordure de la route principale. La pluie rendant les accès plus que glissants, je ne visiterai pas les deux églises en question, dommage.

J'ai élu domicile pour la nuit dans une simple mais agréable pension qui porte le nom de Panorama, située en face du rocher, ce qui permet de profiter pleinement de la vue.


Emine, la grand-mère paternelle, continue, malgré ses 78 ans, à s'occuper durant la journée. Là, elle fend des écorces de courges destinées à leur vache, alors que les grappes de raisins sèchent
autour d'elle.

Le soir venu, c'est avec cette sympathique famille que je dîne autour d'une même table dans la bonne humeur.

Salim et son épouse

Emine, encore bien vaillante
Le lendemain matin, le soleil est au rendez-vous pour quelques heures, autant en profiter.
Je retourne voir de plus près le promontoire, habité jusque dans les années 60. En raison des risques d'éboulement, l'Etat a fait construire des maisons dans la partie basse pour reloger les
habitants.

C'est un mélange curieux de constructions en pierre, accolées au rocher au milieu des habitations naturelles d'antan. Ce site me rappelle par moments la citadelle d'Hasankeyf où tant de
personnes habitaient aussi par le passé.

A présent, seuls quelques rares visiteurs, surtout des petits groupes qui font de la randonnée dans la région ou des touristes individuels s'aventurent sur les hauteurs.
Dans l'ancien village se trouve une autre église, dont j'ignore tant le nom que l'appartenance religieuse. Elle dénote par rapport aux églises rupestres du coin.

Ouverte à tous vents, elle ne présente pas d'intérêt extraordinaire si ce n'est sa situation et sa simplicité.

C'est de là que je suis ensuite partie en direction des jardins de l'Eden que je vous ai fait découvrir dans mon billet d'hier.
Choisir ce village comme point de chute permet de facilement se promener dans la région en étant bien plus au calme qu'à Göreme ou Üçhisar bien trop fréquentés à mon goût.
par Nat
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Vendredi 26 septembre 2008
Aux alentours du village de Çavuşın dont je vous parlerai plus amplement dans les tous prochains jours, je
crois avoir trouvé le jardin de l'Eden.
Il suffit de tourner le dos à cette petite localité tranquille pour aller vers la vallée située au nord, en laissant derrière soi la falaise et ses anciennes maisons troglodytiques.

Quelques centaines de mètres à peine à parcourir et un panorama enchanteresque permet de s'évader de la planète terre. La production vinicole est particulièrement qualitative en Cappadoce. Ce qui
étonne surtout, c'est la hauteur des ceps de vigne. Souvent ils rasent le sol et sont rarement très élevés.

Ce mélange de tuf aux couleurs douces, de concrétions aux lignes parfois suggestives et de végétation est des plus heureux à mes yeux. Le paradis serait-il en Cappadoce ?

Il suffit de s'aventurer un peu plus près pour s'en convaincre. En écartant à peine quelques feuilles, les grappes de raisins apparaissent. La tentation est trop forte, ces grains ne demandent
qu'à être cueillis, caressés ... et goûtés, ils sont exquis !

Le soleil qui joue à cache-cache avec les nuages ce matin-là accentue le contraste entre les cheminées de fée et la vigne, crée des jeux de lumière et d'ombre.

Un peu plus loin, un pommier chargé de fruits, un tout petit arbre qui porte ses quatre premières poires, un jardin où se mêlent tomates et poivrons, si ce n'est pas le jardin
de l'Eden, je trouve qu'il y ressemble tout de même.

Des petits moments magiques où la nature est vraiment en harmonie, où seul le chant de quelques oiseaux de passage vient briser le silence et la sérénité des lieux.
par Nat
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Comme tous les ans à pareille époque, on célèbre la semaine des hommes du feu du 22 au 28
septembre. C'est le 25 septembre 1923 qu'est né le corps municipal des sapeurs-pompiers d'Istanbul.

Bienvenue aux activités de la semaine des sapeurs-pompiers
Jusqu'à présent, c'était à la caserne-musée du quartier de Fatih ainsi qu'à Sultanahmet qu'avaient lieu les différentes manifestations. Le premier endroit, bâtiment historique, fait
l'objet d'une restauration qui devrait se terminer en juin 2009. Les deux ou trois véhicules, les pompiers rattachés au lieu ainsi que le service administratif, qui logent tous
actuellement dans des bâtiments préfabriqués installés aux abords de la caserne réintègreront les lieux à l'issue des travaux. De même, une partie sera à nouveau destinée au musée.

La caserne de Fatih
durant les travaux de restauration - février 2008
Dans le quartier touristique de Sultanahmet, une représentation théâtrale permettait de découvrir comment les "tulumbacılar", les pompiers qui opérèrent de 1714 à 1826, éteignaient le feu d'une
maison construite pour l'occasion sous forme de maquette.
Tulumba
La première "tulumba" (pompe à eau) a été créée par un ingénieur français du nom de David lors d'un incendie qui s'est déclaré en 1714 dans le quartier de Tophane. Cette invention ayant fait
ses preuves, une quinzaine d'hommes s'associèrent pour former une unité d'intervention.
Munis de leur "tulumba", les hommes, étaient par équipes de 4 individus, deux qui versaient de l'eau constamment dans le réservoir et deux qui pompaient. Ils desservaient leur quartier mais
parfois se retrouvaient face à d'autres collègues... car leur intervention permettait d'obtenir des pourboires de la part des personnes qu'ils venaient ainsi secourir...

Un "tulumba" en
provenance du musée des sapeurs-pompiers d'Istanbul
Cette année, pour la première fois, c'est sur la place de Taksim qu'on honore la profession en faisant découvrir à la population une partie de leur mission.
Environ 5000 pompiers professionnels, situés aux quatre coins de la ville, sont présents pour intervenir à tout moment.

Le volontariat en est à ses balbutiements, contrairement à la France où la pratique est courante. Lors de ces journées, un film de 15 mn est présenté régulièrement sous une des tentes montées
pour l'occasion. On explique l'intérêt du volontariat qui trouve ici sa nécessité surtout en cas de tremblement de terre ou d'incendie gigantesque.
Des formulaires sont à la disposition de ceux qui se sentent prêts à s'engager en tant que volontaire. Dans ce cas, une formation d'un mois est dispensée à l'école des pompiers de la ville et un
certificat d'aptitude est délivré à l'issue de cette période d'enseignement.

Les formulaires pour
l'inscription des volontaires et le livre de formation
De nombreuses brochures d'information concernant la sécurité au domicile, avec les enfants, les mesures à prendre en cas d'accident, d'incendie, de tremblement de terre, etc, sont à la
disposition du public.

Une autre tente présente un échantillonnage des équipements dernier cri des pompiers d'Istanbul. Des masques-caméras qui permettent de détecter toute trace de vie en cas d'effondrement par
exemple ou des pinces énormes qui permettent de se frayer un passage à travers les endroits les plus hermétiques sont les deux qui m'ont impressionnée le plus.

Bizarrement, nous étions principalement des femmes à s'intéresser aux équipements

A l'intérieur d'une tente située près de quelques engins de secours, on indique les gestes de premiers secours à adopter selon la situation à laquelle on peut être confronté ainsi que les
objets utiles.

Une autre tente fermée m'interpelle, son nom est "duman simülasyonu" (simulation de fumée). J'interroge un pompier présent à proximité de celle-ci pour savoir quand elle sera ouverte. Aussitôt
dit, aussitôt fait, je me retrouve dans un labyrinthe au milieu d'une fumée où l'homme me rappelle certaines règles élémentaires à respecter dans ce cas-là.
Une dernière tente présente l'enseignement dispensé aux hommes du feu.
Une exposition photos permet également de découvrir quelques aspects du métier de pompier dans différents pays, ainsi que des images anciennes et récentes tant sur les interventions que sur les
véhicules ou modes de fonctionnement, les casques, les médailles, etc.

Des séances d'information sont aussi dispensées dans les écoles et des maniements de lances à eau sont proposées aux visiteurs pour tester leur habileté.

Cette démarche pédagogique et ludique permet ainsi de faire plus ample connaissance avec cette profession et
ces personnes chargées de la sécurité des hommes et de leurs biens.
J'en profite pour remercier le pompier Ergin Nizam qui a bien voulu me consacrer du temps pour me fournir une partie des informations figurant dans cet article.
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