Mercredi 2 avril 2008

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" d'avril 2008


J’ai pris contact il y a quelques semaines par mail avec Alp Alper en apprenant qu’il faisait des photos aériennes de la Turquie et que son livre allait sortir bientôt.


J’ai souhaité le rencontrer à l’occasion de sa récente venue à Istanbul et il m’a convié à l’inauguration de son exposition qui a eu lieu à l’Odakule de Beyoğlu durant la première quinzaine de mars.
      

                   
                                                     
   Photo B.M.

       
J’ai immédiatement été conquise par sa gentillesse, son naturel… et sa touche de folie qui caractérise les gens passionnés.


Né à Ankara en 1965, il vient s’installer à Istanbul en 1991 après une scolarité complète dans la capitale. L’année d’après, il entre chez Turkish Airlines comme « flight dispatcher ». A ce moment-là, il porte un regard nouveau sur sa vision de la terre vue du ciel, toute différente de celle qu’on a en temps normal.


En 1999, toujours pour la compagnie aérienne turque, il se retrouve comme « station manager » et c’est le 17 août de la même année qu’a lieu le dernier plus grave tremblement de terre en Turquie. Sa décision est prise !!! Il faut immortaliser toutes les merveilles de ce pays tant qu’elles sont encore visibles, le pays étant en zone sismique à risques, tout peut disparaître en quelques secondes.
       
                                        
          

              
En septembre 1999, il monte plusieurs équipes de personnes qui croient dans son projet pour sillonner la Turquie redécoupée en 5 parties : la mer Egée, la mer Méditerranée, la mer Noire, l’Anatolie centrale et l’Anatolie orientale.


Il s’agit d’abord de recenser sur une période de 4 mois en passant par la voie terrestre tout ce qui est susceptible d’être photographié par la suite : sites antiques, églises, citadelles et tous autres lieux historiques possibles et inimaginables.


Après un premier tri et une sélection d’endroits, toutes ses équipes retournent sur place pour effectuer des relevés GPS précis.


En 2000, les régions Egéennes et Méditerranéennes sont survolées en parapente et photographiées. En 2001, c’est au tour de l’Anatolie Centrale et de la Cappadoce mais en montgolfière.


                 
                              Pont qui enjambe le Bosphore - photo Alp Alper


En 2002, retour côté égéen en avion pour 3 personnes au-dessus des sites de Bergame, Pamukkale, Aphrodisias,…

 
2003 est une année difficile pour le survol de l’Anatolie orientale. Un an de tractations pour obtenir les autorisations de survol de ces zones sensibles pour finalement avoir le droit de voler… mais pas d’être ravitaillé sur les aires d’envol et d’atterrissage…

            

                          Village englouti de Gümüşkaya près de Halfeti - sud-est de la Turquie


Pour mener à bien le projet, une seule solution : un avion avec 3 personnes (Alp, un pilote et un assistant) et au sol un camion-citerne et une équipe technique composée de 5 personnes. Durant un mois et demi, l’avion et le camion avancent en simultané. Deux incidents qui auraient pu très mal se terminer sont à déplorer durant cette période noire : l’un au-dessus de Mardin où l’avion est à deux doigts de s’écraser suite à la défaillance d’une pompe de ravitaillement en kérosène et à Batman, une tempête dévie la trajectoire de l’avion de près de 50 m lors de l’envol qui se termine … pratiquement dans des pylônes électriques.


En 2004, c’est au tour de la Mer Noire d’être survolée à l’aide d’un hélicoptère et en 2005, la Thrace, Edirne et Istanbul en parapente ferment la marche.

                      

                         
                                         Sainte-Sophie vue du ciel par Alp Alper


Durant ces 5 années, c’est Alp qui finance tout de sa poche en sacrifiant sa propre maison, aucune demande de sponsoring n’ayant aboutie faute d’être un tant soit peu connu … et reconnu dans son projet. Seuls, les gens de son équipe croient heureusement en lui !

 

En 2005, il se retrouve une dizaine de jours à l’hôpital après un déboîtement de la cheville et c’est là que deux personnes viennent le voir, ayant eu vent de son projet… pour lui proposer de venir publier le livre prévu. La première publication sort en grec (cherchez l’erreur !) fin 2005 mais Alp ne voit jamais la couleur de ses droits d’auteur.


Finalement, c’est encore sur ses derniers propres deniers que le 1er mars 2008 verra la publication « The dreamscape Türkey ». Comme il se plaît à le dire, « un livre est immortel tout comme les photos qu’il contient ! »

                             
 

                                
 

Alp n’est pas amer, il est allé au bout de son rêve, de sa passion et laisse ainsi un héritage derrière lui. Il espère toutefois bien qu’à présent, des sponsors sérieux croiront en lui pour mener à bien ses nouveaux projets :

- publier ce livre en langue française auprès d’une maison d’édition connue et reconnue

- un recueil uniquement sur Istanbul pour 2010 à l’occasion de « Istanbul capitale culturelle européenne » qui devrait regrouper toutes les vues prises entre 2003 et 2008

- un autre sur la Cappadoce

- un dernier sur la Mer Noire uniquement.

Je lui souhaite de réussir car il le mérite pour la part de rêve et d’immortalité qu’il nous fait partager.


Son livre est disponible pour l’instant dans les boutiques D & H et les bonnes librairies d’Istanbul.

 
Les photos publiées dans l'article et sur ce billet ont été mises gracieusement à disposition par Alp Alper

par Nat publié dans : Mes publications communauté : Istanbul
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Vendredi 7 mars 2008

En décembre 2007, peu de temps après le démarrage de mon blog, j'avais publié deux articles sur Hasankeyf qui est et restera toujours mon grand "coup de coeur". J'ai souhaité, dans la limite du possible, parler de cette petite ville dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" et vous trouverez ci-dessous le résultat de cette publication.

Bon voyage !

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de mars 2008
 
Sur la route qui mène de Batman à Mydiat, dans le sud-est de la Turquie, j’ai découvert en septembre 2004 une perle inestimable qui a pour nom Hasankeyf. Cette petite cité au bord du Tigre, à une trentaine de kilomètres au sud-est de la ville de Batman, dans le Sud-Est de la Turquie, ne peut laisser personne indifférent.
 
Plusieurs milliers de grottes troglodytiques habitées depuis la nuit des temps et disséminées des deux côtés du fleuve, attirent immédiatement le regard.
 
Une arche et trois piliers sont les seuls restes du vieux pont érigé par un seigneur artukide au début du XIIème siècle et témoignent de la grandeur de l’édifice de l’époque.

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 De l’autre côté du Tigre, à la sortie du village, le tombeau de Zeynel Bey revêtu de céramiques turquoise date de 1450 ; c’est le seul monument de ce type encore existant en Anatolie. Des fouilles entreprises en 2004 et 2005 autour du türbe par l’équipe du professeur Abdusselam Uluçam, célèbre archéologue, ont permis de mettre à jour les traces des deux medreses ainsi que d’un han et d’un hammam, lieux utilisés jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.

                                IMGP9466---le-t-rbe.JPG
 
Au centre du village, les restes de la mosquée Sulayman (13e - 14e) sont situés dans un périmètre clos où de nombreux vestiges émergent çà et là, laissant libre cours à votre imagination quant à la vie passée sur ces lieux.

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Sur le chemin qui mène à la citadelle se trouve la mosquée el-Rizk bâtie en 1409 par un sultan Ayyoubide. Son minaret est richement décoré et le haut est couronné d’un nid de cigognes qui accueille les échassiers pour la nidification.

         IMGP9393---les-cigognes-sont-en-promenade--.JPG    IMGP6189---les-cigognes-dans-leur-nid-sur-le-minaret-de-la-mosqu-e-Al-Rizk.JPG
 
La citadelle construite par les Ayyoubides au XIIIème siècle surplombe le cours d’eau de ses 150 m de haut. Elle abrite entre autres les restes de l’Ulu Camii, un cimetière et une partie des nombreuses grottes. L’accès y est assez difficile, les pierres lisses et glissantes, mais la récompense qui attend le visiteur vaut bien la peine. Une vue absolument magique à la fois sur le village, le célèbre fleuve au cours tranquille qui serpente et le silence qui permet d’apprécier pleinement la beauté du site.

            Photo-546---en-haut-du-kale.jpg     
 
Les deux dernières familles qui vivaient encore dans des grottes de la citadelle ont du descendre au village il y a un peu plus d un an. Le berger et les troupeaux occupant aussi les lieux ont été également interdits de séjour, le site comportant de plus en plus de risques de chutes de pierre.
 
Pour se remettre des émotions vécues durant cette rencontre avec des siècles d’histoire, une halte s’impose au bord du Tigre, à l’ombre d’une paillotte, pour déguster une brochette ou un poisson pêché dans le fleuve avant de siroter son thé en admirant encore cet environnement absolument unique.
 
                                    Photo-244---le-Tigre-et-les-paillottes-copy.jpg

Hasankeyf ne recevait encore il y a quelques années que la visite de touristes locaux ; en raison de sa soudaine (et non-souhaitée) popularité, des yeux ébahis du monde entier découvrent une beauté insoupçonnée, une splendeur qui risque de disparaître…
 
En effet, le projet de barrage İllisu faisant partie du programme Anatolie du Sud-Est (appelé communément GAP), menace l’avenir de ce joyau. Cet ouvrage de 80 km commencera près de Dargeçit pour se terminer à quelques kilomètres au-delà de Hasankeyf. L’eau dépassera de 15 m le pont actuel qui enjambe le Tigre et la citadelle ne sera plus qu’une île… de désolation d’ici 7 à 8 ans, à l’issue des travaux. Un projet de déplacement des principaux monuments sur une colline de l’autre rive pour devenir un musée à ciel ouvert devrait permettre de sauver un maximum des vestiges laissés par les siècles d’histoire.
par Nat publié dans : Mes publications communauté : Turquie
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Samedi 1 mars 2008
Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de mars 2008

Pour voyager dans toute la Turquie, rien de plus facile. En effet, d’innombrables sociétés proposent leurs services pour acheminer les voyageurs aux quatre coins du pays avec des bus grand tourisme pour la plupart.
 
La première fois que j’ai vu l’otogar du Grand Istanbul, j’ai été vivement impressionnée. Un nombre invraisemblable de compagnies, de toutes tailles, des rabatteurs qui crient les noms des villes pour lesquels un bus dispose encore de places, une fourmilière en pleine effervescence.

         Photo-011---dans-l-enceinte-de-l-otogar.jpg

                                              Photo-024---vue-partielle.jpg

Pour en savoir plus quant à l’activité tout à fait particulière de cette ruche, j’ai rencontré Monsieur Ufak Saka, directeur des relations publiques et de la presse de l’otogar du Grand Istanbul.

                  Photo A.L.  P1080458---interwiew-3.JPG
 
L’emplacement actuel, situé à Esenler, tout près de la bretelle de la E5 est en fonction depuis 1994. Un contrat de 25 ans et qui se termine en 2019 a été signé entre la mairie du Grand Istanbul et la société qui gère les lieux.
 
Auparavant, l'otogar était à Topkapı où se trouve à présent le terminal des minis-bus actuel. Compte-tenu du développement des transports à l’époque, la place était devenue insuffisante. 

                 
 
Le trafic est particulièrement élevé lors des bayram (fêtes religieuses), à Nouvel An, des vacances d’hiver semestrielles et des vacances d’été. Le pic d’activité a lieu le premier week-end des vacances d’été donc mi-juin en général, à la fermeture des écoles.

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Le trafic normal se situe autour de 1000 bus/jour mais peut grimper jusqu’à 1500 aux périodes d’affluences précitées,  sachant que la capacité maximale est de 2000 bus/jour.
 
Essayez de deviner le nombre de voyageurs/an en Turquie qui prennent le bus : 175 millions ! 30 % sont absorbés par l’otogar d’Istanbul. C’est le plus grand de Turquie et d’Europe avec 980 000 m2 de surface et 140 millions d’USD de matériel.
 
Un autre chiffre pour donner une idée du va-et-vient permanent sur place : 100 000 personnes rentrent et sortent tous les jours.
 
6500 personnes tout corps de métiers confondus travaillent ici (entre le personnel des sociétés de bus, les services de propreté, de surveillance, de réparation, d’entretien,….), une ville ! 

                                           Photo-014---des-bus-et-encore-des-bus.jpg
                               
J’ai déjà utilisé de nombreuses fois ce moyen de locomotion pour circuler dans le pays et je dois dire que sur les longs trajets, le confort est au rendez-vous. Les places sont plus larges que dans les charters, le service à bord est de qualité : boissons chaudes et froides, en-cas, musique, films… sans oublier les lingettes parfumées ou directement le flacon d’eau de Cologne). Toutes les 2 heures ou 2 heures ½, une pause de 20 à 30 minutes est respectée.
 
Alors, essayez vous aussi ; prenez le bus pour visiter la Turquie ! 
par Nat publié dans : Mes publications communauté : Istanbul
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Vendredi 1 février 2008
Article publié dans le journal "Aujourd'Hui la Turquie" de février 2008


Sur la rive ouest de la Corne d’Or, les quartiers n’ont plus rien à voir avec la vie touristique de Sultanahmet ou le côté plus in et trépidant de Beyoğlu. On découvre une autre facette d’Istanbul, celle d’un monde où le temps semble s’être arrêté il y a quelques dizaines d’années.
 
Fener (qui veut dire « le phare », à l’époque byzantine, un seul phare indiquant ce port de la Corne d’Or) était le quartier grec par excellence de la ville. Balat, pour sa part, abritait le quartier juif. Les hommes et femmes qui composaient les minorités religieuses non musulmanes, souvent de riches commerçants, des hauts fonctionnaires, des médecins, demeuraient là sous le règne de l’empire ottoman. Leurs lois et administrations étaient différentes bien que sous l’autorité du sultan.

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                                 Dans les rues de Balat, les maisons sont très diverses
 
Aujourd’hui, on erre dans des rues où le linge est accroché entre deux rangées d’immeubles, où de vieilles maisons en bois tiennent encore par on ne sait quel miracle debout. La population qui habite à présent ces quartiers vient pour la plupart des coins les plus reculés et pauvres d’Anatolie.  Les grecs, juifs et arméniens ne sont plus très nombreux aujourd’hui à résider dans ce secteur. La plupart d’entre eux sont partis dans les années 50 et 60. La communauté grecque d’Istanbul qui comptait 160 000 âmes au début du XXème siècle est tombée à moins de 2000 à ce jour.  

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                                    Rues de Fener                                         Maison grecque à Fener
 
Les nombreux enfants vous accueillent à coups de « hello, what’s your name ? » et vous quémandent parfois un peu d’argent.
 
Si vous vous rendez à Balat un mardi, c’est un des marchés les plus populaires que vous découvrirez, dans la longue avenue parallèle à celle qui longe la Corne d’Or. Le choix est moindre, les prix chutent et vous avez l’impression d’être dans une autre ville. Aucun supermarché aux alentours, ce sont toujours les petits commerçants tels qu’épiciers et bouchers où l’on se ravitaille au quotidien.

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                                             Marchand de pinces à linge de Balat
 
Il ne faut pas passer à Fener sans avoir pris le temps de visiter au moins l’église Saint-Georges du patriarcat orthodoxe grec ouverte tous les jours. Elle est située dans l’enceinte  du siège administratif du patriarcat (installé à Fener en 1603), magnifique palais de bois reconstruit après l’incendie qui a ravagé le site en 1941. L’église, qui date quant à elle de 1720, est richement décorée d’icônes. Hormis les messes quotidiennes, celle du dimanche dure de 9 h à 12 h et peut vous donner une idée de la religion des chrétiens d’Orient.

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                                      Dans l'église du patriarchat orthodoxe
 
Chaque 6 janvier, à la Noël orthodoxe, une croix est lancée traditionnellement par le patriarche dans les eaux froides de la Corne d’Or pour être repêchée par de jeunes hommes.
 
Une autre image connue du quartier apparaît dans les hauteurs : le lycée grec, imposante bâtisse de briques rouges construite en 1881.   

                                  
                                  
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Un peu plus loin, sur le bord de la rive, entre les deux quartiers, une église étrange, celle de Saint-Etienne-des-Bulgares, toute d’acier, de fonte et de fer. Toutes les pièces métalliques qui composent cet édifice ont été réalisées à Vienne, acheminées par bateau sur le Danube  et assemblées à Istanbul en 1871 pour devenir l’église de la communauté bulgare. Elle se visite facilement en journée ; même si le portail de l’entrée semble fermé, ne pas hésiter à sonner pour que le gardien vienne ouvrir.

       IMGP0832---Saint-Etienne-des-Bulgares.JPG      IMGP0816---Saint-Etienne-des-Bulgares.JPG
                                        Saint-Antoine des Bulgares
 
A Balat, au hasard des rues, un portail cache l’entrée d’une synagogue par ci, une plaque indique l’emplacement d’une église par là. Ce sont en principe des familles chrétiennes qui habitent dans l’enceinte des édifices religieux et qui peuvent éventuellement, selon leur présence et leur bon vouloir, accepter de vous ouvrir la porte et de vous autoriser la visite des lieux. Ces vestiges du passé glorieux de cette partie d’Istanbul sont tapis, cachés. Leur découverte n’en est que plus intéressante.

         
                                                                  
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par Nat publié dans : Mes publications communauté : Istanbul
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Samedi 12 janvier 2008


Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de janvier 2008


Şanliurfa, autrement dit Urfa la Glorieuse, est un lieu de pèlerinage important car c’est là que serait né le prophète Abraham.
 
Elle porte son nom actuel de Şanliurfa seulement depuis le 22 juin 1984 pour supprimer la jalousie portée à leurs voisins de Gaziantep (qui signifie Antep l’Héroïque). Mais elle reste communément appelée Urfa.
 
Cette ville située au sud-est de la Turquie, est un savant mélange de culture moyen-orientale où l’on parle turc, kurde et arabe, où les hommes sont souvent habillés de şalvar, les pantalons très larges au niveau de l’entre-jambe. Plusieurs jours peuvent être consacrés à la découverte de cette cité qui recèle de mille trésors et pour en apprécier l’ambiance particulière.

             
                              Avec le pantalon traditionnel 

                                       
                                                     Vendeurs de tabac

L’imposante citadelle, dont la date de construction exacte est inconnue, est située sur la colline de Damlacik. Deux colonnes dominant le fort portent le nom de « trône de Nemrut » en référence au roi Nemrod qui aurait fondé la ville. 

      
                                                                 La citadelle                                  

                    
                                                       Les colonnes de Nemrod


Le quartier du Gölba
şı est sans nul doute l’image la plus connue d’Urfa. Deux plans d’eau rectangulaires accueillent des carpes « sacrées » nourries abondamment par les pèlerins et les habitants. La mosquée Rızvaniye Vakfı ainsi que sa medrese s’étendent le long d’un des plans d’eaux appelé “Balıklı Göl”, ce qui signifie “lac aux poissons”. Son mur à arcades offre un attrait tout particulier à l’ensemble. De l’autre côté du “Balıklı Göl”, la mosquée de Halilur Rahman, datant du XVIIIème siècle a été érigée à la place d’une église byzantine. 

         
                             La mosquée Rızvaniye Vakfı le long du Balıklı Göl

     
    
                                                      De l'architecture en dentelle   
          
                                      Les très gourmandes carpes sacrées d'Urfa
 
Le parc du Gölbaşı abrite de nombreux jardins à thé où il fait bon s’installer, sous les grands arbres, à l’abri de l’ardent soleil de la région.
                    
 
Un peu plus loin s’étend le complexe du Dergah. La cour à colonnades de Hazreti Ibrahim Halilullah (plus connu sous le nom d’Abraham) grouille de pèlerins qui veulent se recueillir dans la grotte où est né le prophète. Il y serait  resté caché jusqu’à l’âge de 7 ans pour éviter de mourir. En effet, le roi Nemrod, de peur qu’on lui vole sa place, avait donné l’ordre de faire tuer tous les bébés. 
          
                                    Dans l'enceinte du complexe du Dergah

      
                                             L'entrée de la grotte d'Abraham
 
La vieille ville est un dédale de ruelles étroites où les maisons de calcaire sont souvent ornées d encorbellements de toute beauté.

      


                                          Superbe demeure restaurée entre 1999 et 2003  
                            


     
                                On ne peut qu'admirer 
                                    
L'Ulu camii de style syrien date du XIIème siècle. Plusieurs autres mosquées de la ville sont en fait d anciennes églises de confessions différentes.

                      
                        Minaret de l'Ulu Camii  et la fontaine aux ablutions 

                           
          Elégante façade d'une ancienne église arménienne transformée depuis en mosquée   
      

                                                                               
 
Le bazar d'Urfa est on ne peut plus pittoresque ; il a été construit au milieu du XVIème siècle par Soliman le Magnifique. Saveurs et couleurs des épices, roucoulements des pigeons et autres volatiles vendus tous les jours, martellement du cuivre dans la partie réservée aux artisans qui travaillent ce métal, odeur du tabac vendu en vrac ne sont qu’une infime partie des découvertes que vous y ferez.

             
                     Artisan qui martèle le cuivre dans le bazar        
                

                                        Des épices parfumées et colorées  

Tout près de là, le Gümrük Han (entrepôt des douanes) est un endroit magique situé juste à côté du bedesten (ancien caravansérail consacré au commerce de la soie et des tissus). Ce bâtıment sur deux niveaux possède une cour centrale dans laquelle règne tout au long de la journée une ambiance des plus locales. Les hommes s'y retrouvent pour boire leur thé et jouer au backgammon ou aux cartes à l’ombre des grands arbres. A l’étage, n’omettez pas de faire le tour des ateliers de confection où les machines à coudre ne cessent de s’activer.

                 
                                                Le Gümrük Han                     

  
                        Les hommes s'y retrouvent pour boire le thé et jouer

N’oubliez pas de goûter aux spécialites culinaires les plus connues de la ville qui sont l’Urfa kebap (brochette d’agneau haché grillée), le çiğ köfte (viande de mouton crue hachée) à déguster en petites boulettes citronnées et enroulées dans des feuilles de salade ainsi que les içli köfte, délicieuses croquettes de mouton frites entourées d une fine couche de boulgour.
 
par Nat publié dans : Mes publications communauté : Turquie
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Mercredi 9 janvier 2008

Article paru dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de décembre 2007


Pour se rendre à Rumeli Feneri en transports en commun, un seul moyen existe, la ligne 150 des bus municipaux d’Istanbul qui part de Sariyer toutes les 45 mn environ.
 
La route serpente par les hauteurs de Maden, dessert une "site", résidence récemment construite au milieu de la verdure avant de longer le nord du détroit du Bosphore jusqu'à son embouchure avec la Mer Noire.

Après avoir fait un crochet par le minuscule village de Garipçe dont le cimetière domine le Bosphore, le dernier arrêt est situé à l’entrée de Rumeli Feneri.
 

  

                             
 A l’époque antique, l’endroit où se situe le fameux rocher près de la digue s’appelait Panium. Le lieu apparaît déjà dans des textes anciens de la mythologie. Plusieurs légendes existent à son sujet dont une qui dit qu’Apollon, du haut de son temple construit sur les hauteurs dudit roc s’est transformé en dauphin pour montrer aux argonautes la route maritime à suivre.

   
                                                                       Le rocher
 
Les noms de Kyanae et de Symplegadae sont également évoqués dans l'histoire très ancienne. A l'époque byzantine par contre, il semblerait que le lieu portait le nom de Fanaraki ou Fanariyan burnu.
  Le nom actuel du village, à savoir « le phare de Roumélie », fait référence au phare blanc de 58 m de haut construit par une société française et mis en activité le 15 mai 1856. A l’intérieur de la tour se trouve le tombeau d’un certain Saltuk baba.

                     

             Le phare        
 
Jusqu’en 1985, il fallait obtenir une autorisation officielle pour pouvoir accéder à Rumeli Feneri qui était alors encore situé en zone militaire.
 
Revenons à la visite de ce véritable village de pêcheurs où le temps semble s’être arrêté et où règne une quiétude toute particulière. Les maisons n’ont ici aucun charme particulier mais l’ambiance qui se dégage de ce lieu n’est que tranquillité et sérénité.     
        
                                             Ciel d'orage sur Rumeli Feneri

 
                                                                              Le village    
 
Cà et là de la route principale qui dessert le bourg pour descendre jusqu’au port en passant devant le grand phare, quelques commerces où l’on trouve tout le nécessaire pour l’activité dont vivent les habitants, outils pour réparer les filets, peinture pour les coques des bateaux, etc.
 
A l’opposé de cette même voie, descendez le petit escalier qui longe une place de jeux et mène sur la droite au fort gênois érigé au bord de la Mer Noire.
            

                       

De ce fort, les anciens ne savent pas grand-chose quant à sa construction et les écrits à son sujet sont rares. C’est vrai qu’il est plutôt laissé à l’abandon et mériterait un meilleur sort car il ne manque pas de caractère, bien au contraire. Après avoir pénétré dans l’enceinte entourée de grillage où un panneau rappelle que le site est normalement toujours en zone militaire, on aperçoit parfois quelques vaches qui s’aventurent autour de la forteresse et viennent tranquillement y paître.
 
Cet ouvrage, formidablement situé, avec une belle promenade de ronde d’où la vue sur les bateaux de toutes tailles qui empruntent le détroit du Bosphore dans les deux sens est un spectacle permanent.

                         
                                                  La Mer Noire à perte de vue
 
Les week-ends, les familles ou les amateurs de photos s'y rendent nombreux. De part et d'autre de la muraille d'enceinte, deux tours en assez mauvais état permettent d'accéder sur les hauteurs du rempart. Les enfants se baignent en contrebas dans une eau souvent bien fraîche.

Peut-être qu'un jour un mécène aura la bonne idée de redonner une âme à cet endroi tmagique où des festivités sur le thème maritime ou de la pêche seraient de bon augure, où les anciens viendraient raconter leurs souvenirs en mer.
Revenons au milieu du village où sont éparpillés plusieurs cafés comme on les aime, surtout celui situé en plein air sur la place à l'ombre de quelques grands arbres et ouvert dès les premiers beaux jours. Des grands-pères aux bérets posés délicatement sur leurs oreilles discutent de la pluie et du beau temps en sirotant leurs thés tandis que les pêcheurs qui ont terminé leur journée ou leurs sorties en mer viennent évoquer leurs dernières prises.
 
               
  
                    

Les pêcheurs de Rumeli se sont forgés une réputation internationale pour la qualité et la technicité de leur pêche dans les eaux de la Mer Noire. Une émission de Thalassa « spécial Bosphore » diffusée le 28 février 2003 leur a d’ailleurs consacré un reportage. Ce village est, de plus, le plus important des villages de pêcheurs en Turquie.


  
          
                                  

Une promenade tout autour du port donnera une idée de ce que sont les taches des pêcheurs quand ils ne sont pas en mer entre la remise en état des coques, un nouveau coup de peinture, la réparation des filets,… tout cela avec un verre de thé à proximité.  

  

                           
 
En hiver, de nombreux bateaux de plaisance, parfois très anciens, viennent également ici pour faire peau neuve. N’hésitez pas à vous intéresser au travail effectué par les spécialistes, ils se feront un plaisir de vous accueillir et tenter de vous donner des explications pour satisfaire votre curiosité. 

           



                              
                                                         
De même, les pêcheurs qui remettent leurs filets en état ou effectuent les travaux nécessaires au bon fonctionnement de leur matériel seront ravis de la curiosité que vous leur portez. Sous cet aspect parfois un peu rustre qui caractérise des hommes habitués à de rudes conditions de travail, se cachent jovialité et gentillesse.
 
                
 
Et surtout, avant de quitter ce coin d’Istanbul, dégustez des anchois, une daurade ou un bar dans un des rares mais bons restaurants de Rumeli. Bon appétit !!!
 
 
par Nat publié dans : Mes publications communauté : Istanbul
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Lundi 7 janvier 2008

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de novembre 2007


Cette ville d’environ 60000 habitants est située à 1082 m d’altitude et à une vingtaine de kilomètres de la Syrie dont elle domine la plaine. 
                          
   

 

                                                                        Vue sur la plaine syriaque
 
Le charme dégagé par ses constructions provient de la pierre aux tons de miel utilisée pour celles-ci et des moitifs architecturaux qui les ornementent.
 
C’est un véritable régal pour les yeux de se promener dans la vieille ville, d’arpenter les ruelles étroites et les escaliers interminables qui relient les différents quartiers entre eux. Les pentes sont si ardues et les passages si étroits que les ânes sont nombreux et précieux pour véhiculer les biens, les matériaux … et même pour collecter les ordures.

              
                     
 
Un des monuments les plus somptueux est sans doute la Sultan Isa Medresesi, école coranique datant de 1385 connue sous le nom de Zinciriye par les locaux. Ce bâtiment a fait l’objet l’an passé d’une restauration réussie. Le portail à lui-seul mérite le détour, sa décoration est d’une richesse impressionnante. 
                   

                  
                         La Zinciriye Medresesi et sa fameuse porte à l'architecture délicate

Ce monument est situé juste en-dessous de la citadelle qui surplombe la ville, mais qui ne se visite pas puisqu’elle est occupée par les militaires turcs.
 
Le bureau de poste, quant à lui, a été aménagé dans un caravansérail du XVIIème siècle aux fenêtres richement décorées.

                    

              
                        La poste et un de ses splendides encadrements de porte 
 
Le musée de la ville, pour sa part, se situe dans un superbe bâtiment de pierre construit à la fin du XIXème siècle.
             
                                                     Le musée de Mardin 

Hormis les bâtiments administratifs, à chaque coin de rue, une maison attirera votre regard, qui une fenêtre à encorbellement de toute beauté, qui un dessin sculpté sur une façade. 


     

                    

Légèrement en contrebas de la voie principale qui traverse la vieille ville, et tout près du sympathique bazar, on découvre l’Ulu Camii, mosquée seldjoukide construite au XIIème siècle. C’est surtout le minaret qui attire l’attention avec ses sculptures étonnantes.

             
 
Toute proche, la Latifiye Camii datant de 1371 et construite sur les ordres d’un sultan artukide comprend deux portes monumentales richement décorées.

                        
 
Une importante communauté chrétienne habitait autrefois Mardin et de nombreuses églises sont visibles aux hasards de la promenade. La plus connue est sans doute Kırklar Kilisesi (l’église des 40 martyrs).

           
       

                      Kiriklar Kilisesi
  
 
Juste accolée au musée, l’église assyrienne catholique de la Vierge-Marie mérite également une visite. Il suffit de demander à un enfant de vous indiquer où habite la personne qui abrite l’imposante clé qui en ouvrira les portes.

              

                          
                                 L'entrée de Meryem Anna et une vue intérieure
 
A six kilomètres de la ville a été construit dans un paysage très dépouillé sur des collines de rocher le magnifique monastère de Deyrul Zafaran, autrement dit le monastère du Safran.
 
               
              A l'arrière-plan le monastère qui se confond avec la couleur du paysage

La communauté est composée d’une cinquantaine de membres qui parlent et prient dans le langage du Christ, l’araméen. C’est l’ancien siège du patriarcat de l’église syrienne orthodoxe transféré depuis à Damas. 


                                    
La ville de Mardin est également connue pour sa gastronomie aux influences syriennes prononcées.
 
C’est une visite inoubliable qui attend les curieux et récompensera les amateurs de belle pierre et d’architecture ayant choisi cette destination.
par Nat publié dans : Mes publications communauté : Turquie
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Dimanche 6 janvier 2008

Article paru dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" d'octobre 2007
 
   
Personne n'échappe à la visite du Grand Bazar, cet immense marché couvert qui a vu le jour dans la seconde moitié du XVème siècle sous le règle du sultan Mehmet II.

En général, on se souviendra des allées principales où le chaland vous accoste dans toutes les langues. On en sort épuisé par la vue de produits innombrables autour de soi mais en ayant aperçu une infime partie de ses richesses après y avoir passé seulement une heure ou deux.
               
                                                  L'avenue principale des bijoutiers                                                 


                 
                                                   Vers la sortie Mahmutpasa

Si vous avez la chance de disposer de plus de temps, flânez, errez, laissez-vous porter par la curiosité ; n’hésitez-pas à vous engager dans les nombreux coins et recoins.

En effet, le Kapalı Çarşı, autrement dit "marché couvert" regorge de plusieurs "han", anciens caravansérails destinés au dépôt des marchandises. Ce sont des havrs de paix tous proches de la cohue et du bruit permanent du Bazar.

Deux d'entre eux ont pour moi un intérêt particulier.
L’Astarci Han est une petite cour intérieure carrée avec peu de commerces. En y entrant, à droite, un bruit répétitif et soutenu vous interpelle. En approchant, vous découvrirez un atelier sorti de la nuit des temps où des drôles de machines embobinent et mélangent à toute vitesse, dans un vacarme assourdissant des fils de coton à d’autres aux couleurs de l’argent et de l’or.

              
                                         Trois machines bien bruyantes !
                                
                                                            Ca bobine !       
                                                            
C’est là que travaillent depuis l’âge de 12 ans Erol bey, ainsi que son patron maintenant sexagénaire, tous deux originaires de la Mer Noire, sur des machines de 30 ans d’âge mais à l’aspect centenaire.
 
A Istanbul doivent encore subsister une bonne dizaine de ce genre d’ateliers mais au Grand Bazar, c’est l’unique. Cela fait au moins une cinquantaine d’années que cette mini-usine est installée ici.

                    


                 Erol bey
            
  
Ces fils sont destinés à être brodés sur des costumes folkloriq